samedi 17 mai 2014

Les Astres Noirs



Cosmographie :

Les planètes aussi décrivent des orbites elliptiques autour du Soleil, ainsi elles possèdent aussi un second foyer.
Notons que le second foyer d’une orbite planétaire n’est, astronomiquement et physiquement, localisable dans notre espace que parce qu’il se projette sur l’écliptique (ou plan de l’orbite terrestre) en traçant le grand axe de l’ellipse. Un des pôles de cet axe touchera l’écliptique en ce “lieu” ou en un “point” situé au plus loin du Soleil – et ce “lieu” ou ce “point” est dénommé l’aphélie (qui est par définition, le point de l’orbite d’une planète, le plus éloigné du Soleil) ; l’autre pôle, au contraire, touchera l’écliptique en un “lieu” ou en un “point” situé, cette fois, au plus près du premier foyer (le Soleil) – et ce “lieu” ou ce “point” sera donc dénommé le périhélie (qui est, par définition, le point de l’orbite d’une planète, le plus proche du Soleil).

Voir figure ci-dessous :


Notons, par ailleurs, que, comme nous pouvons le constater sur la figure ci-dessus, vus du Soleil, le centre (O), le second foyer (l) et l’Aphélie (A) de l’orbite de la planète sont totalement confondus (puisque perçus en enfilade) ; alors qu’ils sont complètement distincts par nature - En effet, si un observateur se trouvait au point du nœud austral (α) ou du nœud boréal (α’) de la planète, le centre (O), le second foyer (l) et l’aphélie (A) de l’orbite de la planète lui apparaîtraient tels qu’ils sont réellement, c’est-à-dire, tels trois “points”, nettement, distincts. ; et c’est leur triplicité qui est la composante de l’ « astre noir ».
Voici un tableau (tiré du Dictionnaire Astrologique de Henri J. Gouchon) donnant la longitude, pour l’an 1900, du périhélie de chaque orbite planétaire.

Mercure                     : 15°54’ Gémeaux.
Vénus                         : 10°08’ Lion.
Terre (Soleil Noir)      : 11°13’ Cancer.
Mars                          : 4°13’ Poissons.
Jupiter                       : 12°43’ Bélier.
Saturne                      : 1°05’ Cancer.
Uranus                       : 21°33’ Vierge.
Neptune                     : 16°44’ Taureau.
Pluton                        : 12°23’ Scorpion.

Signalons, eu égard à ce tableau, que le déplacement du périhélie de chaque orbite planétaire est minime : de 1’ à 33’ par siècle.

Signalons, enfin, que pour obtenir la longitude des aphélies, il suffit simplement d’ajouter 180° à la longitude des périhélies ; puisque l’aphélie des orbites planétaires est, invariablement, opposé à leur périhélie.
Ainsi l’aphélie de Mercure sera à 15°54’ du Sagittaire ; celui de Vénus sera à 10°08’ du Verseau, etc.

Concernant l’interprétation des Astres Noirs on est ici dans le flou le plus total. Chacun est libre d’apporter ses propres délires interprétatifs et certains auteurs, qui ne sont pas en manque d’imagination, l’ont fait et le feront à n’en point douter.
Cependant, la première impression que nous donnent les astres noirs, y compris les luminaires noirs, c’est d’être placé face à une dialectique entre l’astre visible (la planète) et l’astre invisible (l’astre noir) formant ainsi une dialectique qui oppose le visible à l’invisible, ou encore, l’existence face à l’essence.
Nantis de ce postulat de base, nous ne sommes pas sans penser à Platon pour lequel l’existence, ou la Manifestation Universelle, est constituée par deux pôles, par deux mondes, qui, s’opposant et se contredisant, forment les deux termes de la Dualité cosmique originelle. 
Georges Richet, dans son ouvrage Les Astres Noirs (Collection La Roue Céleste – Dervy-Livres) parlant du Monde Sensible et du Monde Intelligible, écrit ceci :

A) Le “Monde Sensible” : c’est le monde de l’ombre et de l’illusion, le domaine de la Substance et de l’imagination. C’est, eu égard à la Tradition extrême-orientale, le royaume de la “Terre” (TI) et le monde du YIN. C’est selon la Tradition Hindoue, le domaine d’Arjune, qui représente le “MOI”, ainsi que le royaume de Prakriti. Pour employer une terminologie aristotélicienne, nous dirons que le “Monde Sensible” est le domaine de “tout ce qui est en Puissance” ; et pour employer une terminologie issue de la métaphysique scolastique, nous dirons qu’il est le monde de la “Matière”. C’est, enfin, le royaume de l’horizontalité, de la croyance et de l’opinion (DOXA-/δόξα) où triomphe de la sensation.
En d’autres termes, le “Monde Sensible” est le domaine des éléments corporels et de tout ce qui procède de leurs combinaisons. Aussi est-il le “Pôle Inférieur”, substantiel ou quantitatif de la Manifestation Universelle.

B) Le “Monde Intelligible” : c’est le monde où réside la Vérité, le monde des Idées, des Essences et donc des archétypes, puisque ceux-ci sont les essences au sens propre du terme. C’est, eu égard à la Tradition extrême-orientale, le royaume du “Ciel” (TIEN) et le monde du YANG. C’est, selon la Tradition Hindoue, le domaine de Krishna, qui représente le “SOI”, ainsi que le royaume de Purusha. Pour employer une terminologie aristotélicienne, nous dirons que le “Monde Intelligible” est le domaine de “tout ce qui est en Acte” ; et pour employer une terminologie issue de la métaphysique scolastique, nous dirons qu’il est le monde de la “Forme”. C’est enfin, le royaume du paradoxe et de la verticalité où triomphe l’Idéation. Aussi est-il le “Pôle Supérieur”, essentiel ou qualitatif de la Manifestation Universelle.
Notons, en outre, que dans le “Monde Intelligible” existent, pour Platon, deux types de connaissances qui ne remplissent point la même fonction, qui n’aspirent pas à la même finalité :

1)          La Connaissance Discursive
2)          La Connaissance Noétique.

Or, pour Platon, seule la Connaissance Noétique atteint aux idées et aux archétypes (essences du “Monde Intelligible”) ; la Connaissance Discursive, par contre, prépare, si l’on peut dire, l’esprit à la Connaissance Noétique : elle définit les mathématiques et leur rôle dans la Connaissance.
Ainsi, les mathématiques ne sont-elles, pour le “Prince des Philosophes”, qu’une Connaissance Intermédiaire, puisqu’elles combinent, à la fois, les idées (attributs du “Monde Intelligible”) et les symboles (qualités du “Monde Sensible”). 

Ainsi, avec Georges Richet nous sommes en plein dans le domaine philosophique…
Cependant, selon cet auteur, la Connaissance Discursive et la Connaissance Noétique pourraient être, respectivement et aisément, rattachées au centre et au second foyer de l’orbite planétaire.
Par conséquent, les attributs du “Monde Intelligible” sont liés à l’astre noir. Quant aux qualités du “Monde Sensible” elles se rattachent à la planète visible (premier foyer).
Afin de mieux saisir tout ce qui particularise et oppose les planètes et les astres noirs, voici résumé une sorte de texte ou de tableau comparatif extrait de l’ouvrage de Georges Ruchet Les Astres Noirs (pages 77 – 78).


Frédéric Muscat

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