Claude Ptolémée à vue le jour vers l’an 90 à Ptolémaïs de Thébaïde en Haute Égypte. Il est l’auteur de plusieurs traités scientifiques, dont deux ont exercé par la suite une très grande influence sur les sciences occidentales et orientales. L’un est le traité d’astronomie, qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Almageste. L’autre est le traité d’astrologie qui s’intitule le Tetrabiblos, ouvrage astrologique le plus célèbre de l’antiquité qui aura une grande influence dans l’étude des corps célestes dans la sphère sublunaire. Ainsi, il fournissait des explications des effets astrologiques des planètes, en fonction de leurs effets chauffant, rafraîchissant, mouillant, et séchant.
Ainsi, Claude Ptolémée vécu durant la période hellénistique, époque qui vient après la décadence grecque, qui résumait tout l’acquis des anciens au filtre de la culture grec. Cette époque se situait à la charnière de l’ère du Bélier et de l’ère des Poissons, cette charnière vit, d’ailleurs, l’implantation du christianisme.
Cette période vit aussi le grand épanouissement de la ville d’Alexandrie qui fut fondée en Egypte sur le delta du Nil par Alexandre le Grand qui régna de 332 à 323 Avant J.C.
A l’époque hellénistique, Alexandrie fut le centre commercial et intellectuel le plus important de la méditerranée. Sa situation mettait cette ville en relation directe avec les nations maritimes voisines, et formait, en quelque sorte, le pont entre les civilisations d’orient et d’occident, et son influence fut prépondérante jusqu’en 395 après J.C. Cette ville prestigieuse, dont la vie active dura plus de 6 siècles, portait donc le nom d’Alexandre le Grand, fils du roi Philippe II de Macédoine et d’Olympia. Dès l’âge de vingt ans, Alexandre distribua tous ses biens et il partit pour la conquête, il n’avait plus besoin de rien se plaisait-il à dire, puisqu’il allait avoir le monde entier, du moins ce fut son espoir.
L’astrologue anglais Henri Gleadow nous signale qu’Alexandre le Grand avait le Soleil dans le Lion, ce qui est une position admirable pour un tel personnage. Il ajoute encore, que ce Soleil au Lion était conjoint à l’étoile fixe royale : Regulus. Cette étoile est aussi nommée Cor Leonis : “Le cœur du Lion”. Un ouvrage collectif qui a pour titre Les Étoiles fixes (Éditions Traditionnelles), nous apprend la signification classique de Regulus. Dans le mot de Regulus on reconnaît le mot « Roi », d’ailleurs on la qualifie d’étoile royale. En outre, pour définir la qualité des étoiles, ont les comparent aux planètes, c’est ainsi que pour Claude Ptolémée, Regulus est de la nature de Mars et de Jupiter. De son côté, Robert Fludd, juge Regulus de la nature de Jupiter et de Mars, et enfin, Jules Julveno mentionne que cette étoile est de la nature de Mars. Un bilan général nous montre que Mars ressort trois fois et Jupiter deux fois. Donc Regulus est de nature jupitéro-martienne avec une dominante de Mars, et c’est bien là, la signature du conquérant (Mars) de la matière (Jupiter).
Selon l’astrologue Fomalhault, lorsque cette étoile (Regulus) est conjointe au Soleil, c’est une source de “hautes dignités” et Julevno ajoute que lorsque Regulus est conjointe au Soleil, ceci est significateur de “richesses inattendues”, il est certain qu’Alexandre le Grand tira vraiment le gros lot de la matière.
Après, Alexandre, l’un de ses généraux fonda une nouvelle dynastie égyptienne : la dynastie des Ptolémée.
Ptolémée est le nom de seize souverains grecs de la dynastie des Lagides, qui régnèrent sur l’Égypte après la mort d’Alexandre le Grand (323 avant J.-C.). Ptolémée Ier Sôtêr su attirer à Alexandrie des hommes éminents venus de partout. Il s’entoura de savants, de philosophes, de littérateurs, et il voulut qu’Alexandrie fut le lieu où convergea le savoir de l’Egypte ancienne défunte et celui des autres pays, en particulier le savoir de la Grèce et de la Chaldée, ainsi, il fournit aux savants et aux ésotéristes de ces civilisations toutes facilitées matérielles pour mener à bien leurs recherches. Il construisit à leur intention un immense musée et il fonda la fameuse bibliothèque d’Alexandrie qui compta jusqu’à un demi-million de manuscrits. Ce bel élan, qui fit d’Alexandrie la capitale intellectuelle du monde hellénistique fut continué par les successeurs de Ptolémée 1er et en particulier par son fils Ptolémée II Philadelphe, qui régnât de 283 à 246 avant J.-C. Comme son père, Ptolémée II fit beaucoup pour développer les arts et les lettres. Il s’intéressa énormément à la tradition de tous les pays, ainsi il fit traduire les Saints juifs, et il fit rédiger par Maneton une histoire de l’Egypte qui est à jamais perdue. La renommée d’Alexandrie et de son école intellectuelle et ésotérique s’étendit à travers tout le monde civilisé d’alors. Cette belle impulsion durera donc du IVe siècle avant J.C. jusqu’au VIIe siècle après J.C. On peut dire que son histoire se scinde en deux périodes : de l’an 300 à l’an 30 avant J.C. règnent les Ptolémée grecques. En effet le cycle des Ptolémée s’achève avec Ptolémée XVI Césarion, qui disparaîtra en - 30 avant J.-C. Puis sous Cléopâtre, c’est l’invasion romaine qui débute une seconde période qui va jusqu’à l’arrivée des Arabes en 642 - 645 de notre ère.
La bibliothèque d’Alexandrie, nous l’avons vu, fut fondée par Ptolémée Ier Sôtêr. Elle aurait compté jusqu’à 700 000 volumes. Elle fut brûlée par l’entrée de César à Alexandrie, elle fut reconstituée et de nouveau détruite en 391 de notre ère. Dans Le Journal d’un Inconnu, Jean Cocteau frappé par cette perte irréparable écrit, d’une manière fort inspirée : “Il est probable que la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, où tant de secrets s’accumulèrent, ne saurait être mise sur le compte de la seule folie d’un chef, mais que ce chef n’était que l’instrument de forces occultes qui voulurent freiner la connaissance, la remettre à la première case du jeu de l’oie.” (Page 136)
Il est certain que furent ainsi brûlés des ouvrages capitaux concernant les connaissances ésotéristes des anciens.
La période hellénistique est donc le confluent des traditions et il était normal qu’elle établisse une somme du savoir de l’antiquité.
Posidonius (135 - 51 avant J.C)
Posidonius d’Apamée qui fut surnommé “l’athlète” est un personnage fondamental et il mérite que l’on s’arrête quelque peu sur sa personne. Poidonius est né à Apamée, actuelle Syrie, vers 135 avant J.-C et il est mort à Rome 51 avant J.-C. Philosophe grec. Il passa plusieurs années de sa vie à voyager, comme le firent beaucoup d’érudits (peut-être faut-il y voir ici l’analogie de la maison IX, les voyages et la connaissance ?). Puis, ayant vu et appris, il enseigna à Rhodes et contribua à la latinisation du stoïcisme et il compta parmi ses auditeurs Ciréron et Pompée. Historien et philosophe stoïcien, il eut une énorme influence sur la pensée de son temps, ainsi le mouvement d’idée stoïcien fondé par Zénon, prit avec Posidonius une grande amplitude. Ce stoïcisme impliquait une certaine vision du monde qui était composé de force agissant et réagissant les unes sur les autres, cette vision est celle-là même de l’astrologie. Il soutient que l’univers des choses et des individus est pénétré par une force cosmique unificatrice qui s’exerce au moyen d’une sorte d’attraction qu’il appelle sympathie. Dans cette optique, Dieu est un souffle purifiant qui pénètre toute substance et peut se manifester sous n’importe quel aspect. De son côté, Joannes Stobæus, compilateur du Ve siècle, dans son ouvrage Eclogues, I, 58 relate la pensée posidonienne de la sorte :
“Dieu est un souffle igné doué d’intelligence, sans forme, se transformant en ce qu’il veut et se rendant semblable à tout.”
Mais pour Posidonius et les stoïciens l’unité du monde tient, non pas à deux facteurs comme chez Chrysippe (Dieu, la sympathie), mais trois : Dieu, la nature, le destin.
L’idée la plus importante et la plus célèbre de Posidonius est celle de sympathie cosmique qui est le fondement même de l’astrologie. Pour lui : “L’univers est un corps unifié” fait de parties qui collaborent. Tout conspire, tout sympathise. “Le monde est un tout sympathique à lui-même.” “Dans le cas de corps unifiés, il existe une certaine sympathie, puisque, lorsque le doigt est coupé, le corps entier en est affecté. L’univers est donc lui aussi un corps unifié.” Selon Émile Bréhier, dans son ouvrage Chrysippe, page 184, il écrit : “le principe de sympathie est destiné à montrer soit l’action réciproque universelle de toutes choses, soit l’influence des causes éloignées et en apparence négligeables.” Exemple de l’interaction : “À Athènes l’atmosphère est subtile, d’où vient la finesse d’esprit des Athéniens” : il n’y a pas causalité simple, mais affinité entre l’atmosphère délicate et la mentalité déliée ; exemple d’action à distance : celui d’une victime sacrificielle qui indique l’avenir.
Posidonius défend un déterminisme universel spiritualisant, qui annonce le néoplatonisme émanatiste, mais qui rend compte aussi de la divination. Zeus est l’âme omnisciente, le destin est l’enchaînement causal des phénomènes, qui obéissent à des lois nécessaires dont on trouve l’expression dans le mouvement des astres. Posidonios distingue trois types de divination : celle qui vient directement de Dieu par la bouche d’un prophète inspiré, celle qui vient du destin et qui est liée à l’observation astrologique, enfin celle qui vient de la nature (les songes).
Le stoïcisme a été, en concurrence avec l’épicurisme, une des doctrines philosophiques les plus influentes de l’Antiquité ; il est resté durablement source d’inspiration, à la Renaissance notamment. On le divise généralement en ancien stoïcisme (Zénon de Kition, Cléanthe, Chrysippe), en moyen stoïcisme (Panaitios, Posidonius) et en stoïcisme latin (Épictète, Sénèque, Marc Aurèle). De manière générale, comme nous l’avons vu, le stoïcisme est un rationalisme qui lie indissolublement logique, physique et morale (cette dernière fut particulièrement développée et popularisée par le stoïcisme latin). Il considère l’univers comme un tout gouverné par la raison, prône l’accord avec le destin et, notamment, l’acceptation de la douleur et de la mort. Le sage est celui qui met son comportement en pleine conformité avec l’ordre naturel, précepte qui est en plein accord avec l’astrologie. Autres grands thèmes stoïciens : l’égalité naturelle et la solidarité entre les hommes ; la destruction et le recommencement périodiques de l’univers (éternel retour) qui est encore un thème fondamental de l’astrologie.
L’essentiel des idées de Posidonius est connu grâce aux écrits de ses disciples dont Cicéron.
Posidonius, homme éclectique au savoir étendu, fut l’un des plus grands astrologues de son temps, sinon le plus grand. C’est lui qui a directement influencé Manilius et Claude Ptolémée, lesquels lui doivent la quintessence de leur savoir en la matière. Sa culture astrologique fut très vaste et il sut opérer une synthèse et une clarification des notions éparses, peut-être ajouta-t-il des éléments nouveaux, mais c’est grâce à lui que l’astrologie parvint à une explication cohérente du monde, valable aussi pour les esprits les plus éclairés et qu’elle s’appuya sur la base solide d’une théorie générale de la nature dont elle devait demeurer inséparable.
Pour savoir ce que fut l’astrologie au début de notre ère, il faut en fin de compte s’en référer à Claude Ptolémée surnommé “Le Prince des Astrologues” dont les œuvres nous sont parvenues.
Ce savant hellénistique naquit à Ptolemaïs de Thébaïde vers l’an 90 de notre ère. Son nom vient de son lieu natal, Ptolemaïs de Thébaïde, qui en somme signifie Claude originaire de Ptolemaïs. Il vécut et enseigna à Alexandrie entre l’an 90 et 168 de notre ère, il aurait donc vécu jusqu’à l’âge de 78 ans.
Claude Ptolémée, fit lui aussi un magnifique travail de synthèse et d’approfondissement. Il est commun de le traiter de compilateur, mais il n’empêche que c’est grâce à lui que le savoir des anciens et les travaux personnels de Posidonius nous sont parvenus. Son intelligence astrologique est telle qu’on ne peut lui dénier un pouvoir créateur. Ses travaux qui portent sur l’astrologie sont contenus dans son Tétrabible. On lui attribue encore, d’avoir composé le Centiloque, cette attribution est contestée, avec raison, par certains.
Dans cet ouvrage, Claude Ptolémée, traite l’astrologie individuelle (concernant l’individu) et l’astrologie mondiale (concernant les événements collectifs). Mais tout d’abord arrêtons-nous sur le titre même : Tetrabiblos : tetra signifie en grec « quatre » et biblos « livre » donc il s’agit de quatre livres.
Afin d’avoir une visions surplombante de l’œuvre nous allons voir les sujets que traitent chacun des quatre livres.
Le Livre I explique les principes théorique et pratique de l’astrologie.
Le Livre II traite de l’astrologie mondiale et des thèmes universels, les éclipses, les comètes et autres phénomènes célestes.
Le Livre III traite les thèmes de naissances individuels avec les prévisions concernant la naissance, la durée de la vie, le corps et le tempérament, les maladies et les caractéristiques de l’âme.
Le Livre IV traite les thèmes de naissances individuels, à savoir les prévisions concernant les richesses, la famille, les amis, les voyages, le genre de mort et les âges de la vie.
Le thème de naissance
Pour Claude Ptolémée l’idéal serait de pouvoir dresser le thème non pas du moment de la naissance, mais de la conception. Le Livre III de la Tétrabible, qui traite de l’astrologie généthliaque, commence par une méditation sur la conception et la naissance, il dit :
“Vu que le commencement chronologique des nativités humaines est naturellement le moment même de la conception, mais en puissance et accidentellement le moment de la naissance, au cas où le temps de la conception est connu, soit par hasard, soit par observation, il est plus à propos de considérer la position où les astres étaient alors, pour juger des particulières conditions du corps et de l’âme. En effet après qu’en ce commencement, la semence a reçu quelque tempérament par l’impression du Ciel qui environne, encore que peu à peu, lorsque le corps se forme, il se fasse des altérations, néanmoins parce que cette semence, en l’accroissement, s’adjoint une nourriture convenable à ce Ciel, l’unit à soi naturellement et l’accommode à son tempérament, elle retient toujours la ressemblance de cette première impression.
Mais si ce temps est ignoré, comme le plus souvent il arrive, on prendra le commencement, de la sortie du ventre de la mère. En effet ce temps aussi est très important et diffère seulement de l’autre par cette seule raison que, la conception étant remarquée, les choses qui précèdent l’enfantement peuvent être prédites. La conception peut très bien certes être quelque commencement mais la sortie du ventre est le premier commencement de vie, postérieur en temps, mais égal en puissance et plus excellent. La conception peut être appelée la génération de la semence et la sortie de l’enfant la génération de l’homme.” (Tétrabible, Livre III-2)
Par conséquent pour Ptolémée il serait idéal de pouvoir dresser le thème de la conception et non celui de la naissance, mais comme on ignore le moment de la conception, on prend donc le moment de la naissance qui suffit amplement pour dresser un thème parlant.
Ce moment de la conception a travaillé les anciens à telle enseigne qu’ils ont subodoré des méthodes pour pouvoir le trouver. C’est ainsi que dans le Centilloque, à la sentence n°51 on peut y lire :
“Le signe dans lequel la Lune est placée à la naissance est le signe qui se trouve sur l’Ascendant au moment de la conception ; et le signe où elle est placée au moment de la conception ou bien le signe opposé à celui-là, sera le signe Ascendant à la naissance.”
Par la suite d’autres astrologues se pencheront sur ce thème de la conception et chacun donnera sa formule, mais il est bien évident que ce moment de la conception est impossible à connaître, car même si l’on connaît le moment exact de la copulation le moment où l’ovule est pénétré par le spermatozoïde reste quand même inconnu.
Cependant il est certain que ce thème de conception – actuellement inconnaissable et purement conjectural – est un rapport étroit avec le thème de la naissance. Le thème de naissance signe la viabilité, c’est l’homme qui apparaît sur la terre entièrement constitué. Le thème de conception ne signe plus l’existence qui est signifiée par la naissance, mais il se rapporte à l’essence de l’être et au moment précis où il involu dans la matière. Dans le thème de conception, peut-être trouverions-nous non pas les épreuves du vécu, mais les causes de l’involution dans la matière. D’ailleurs, nous avons vu d’après la citation de Ptolémée, que celui-ci a très bien senti qu’un rapport existait entre ces deux thèmes (conception et naissance) et que le thème de naissance ait un rapport significatif avec le thème de conception, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il dit que le thème de naissance est à prendre en considération.
Le milieu auquel appartient le natif
Claude Ptolémée, fait une remarque capitale qui apparaît pour la première fois en astrologie, c’est la prise en compte - outre le thème du sujet - de son hérédité, de son lieu de naissance, de son mode de vie et des mœurs de son groupe. En effet, il écrit :
“Mais dans les jugements concernant les nativités et les tempéraments d’un chacun, on peut voir qu’il existe des circonstances de grande importance qui s’unissent pour produire les qualités particulières de ceux qui sont nés. Car premièrement, la diversité de la semence apporte le principal pouvoir en la nature de la génération de chaque chose, et prédomine tellement qu’en un même air et même pays, chaque semence engendre les animaux de son espèce : que l’humaine semence y engendre l’homme et que celle du cheval y engendre le cheval. Ensuite, la diversité des pays ne produit pas une petite différence, quoique les semences soient les mêmes comme nous voyons aux hommes. Et encore que la constitution du ciel soit la même aussi, il ne laisse toutefois d’y avoir dans les diverses régions une grande dissemblance, tant aux corps comme aux esprits. Enfin quand toutes ces choses ci-dessus alléguées, seraient égales, toutefois les nourritures et les coutumes y mettent de la différence, soit en quelque partie du tempérament ou des mœurs, ou bien des accidents.
Donc, encore que le pouvoir le plus grand soit en la disposition du Ciel qui environne et duquel les choses prédites ont pris leur force, alors que le Ciel n’en emprunte point d’elles, celui néanmoins qui ne joindra pas ces considérations aux causes célestes, se trompera le plus souvent, en voulant prendre toutes les significations des mouvements des astres, même celles qui ne dépendent pas entièrement du ciel.
Ces choses allant de la sorte, si quelquefois on se trompe aux prédictions, est-il raisonnable pour cela d’en condamner la science ? Rejetons-nous l’art de conduire des vaisseaux, parce que souvent il arrive des naufrages ?
Mais en une si haute et divine science, il convient sans plus d’embrasser gaiement ce que nous en pouvons atteindre, et il ne faut pas y chercher une certitude en tout, comme d’un art que l’esprit humain pourrait exactement savoir, mais tâcher de l’enrichir et de la rendre plus capable, par les conjectures qui se peuvent tirer d’ailleurs. Et comme nous ne condamnons pas les médecins pour s’informer de la maladie du patient, et de sa nature, aussi de même ne nous faut-il point reprendre ici, lorsque nous demandons quelque chose, soit du pays, soit du genre, soit des mœurs, ou bien des autres accidents.” (Tétrabible Livre I-2)
Nous voyons donc, que dès le début de notre ère, les astrologues prenaient soin de connaître le consultant, car il est évident qu’un fils de dirigeant sera plus avantagé qu’un simple citoyen.
LES PLANÈTES
Qualité élémentale des planètes
En effet, Ptolémée, à la suite d’Hippocrate, opère une classification des planètes selon les critères des qualités élémentales à savoir chaud, froid, sec et humide.
Ainsi, il nous décrit le Soleil comme étant chaud, modérément sec : la nature du Soleil est de réchauffer. Il dit : “Le pouvoir actif de la nature essentielle du Soleil se manifeste dans la production de chaleur et, modérément, de sécheresse. Nous en percevons les effets plus aisément que ceux de n’importe quelle autre planète en raison de la grandeur du Soleil et des changements évidents qui ont lieu au cours des saisons : plus le Soleil se rapproche de notre zénith et plus ses effets sont intenses sur nous.” (Livre I-4)
Par contre, la Lune est un principe humide : “Le pouvoir de la Lune est principalement d’humidifier, certainement en raison de son étroite proximité de la Terre et des exhalaisons humides qu’elle recueille de celle-ci.”
Saturne est plus froid que sec : “La qualité de l’astre de Saturne réside principalement dans la génération de froid et d’une sécheresse modérée, parce qu’il est, semble-t-il, le corps céleste le plus éloigné à la fois de la chaleur du Soleil et des évaporations humides de la Terre.” (Livre I-4)
Mars est chaud et très sec, il dessèche beaucoup : “La nature de l’astre Mars est avant tout de dessécher et de brûler, conformément à sa couleur de feu et à sa proximité avec le Soleil, dont la sphère est située juste au-dessus de lui.” (Livre I-4)
Concernant Mars, Ptolémée en parle selon la vision géocentrique qui place la Terre au centre et donc les planètes sont distribuées de la manière suivante : la Terre, la Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et la sphère des fixes (les étoiles). Voir ci-dessous :
Jupiter est chaud et humide : “La qualité du pouvoir de l’astre de Jupiter est d’être tempérée, car son mouvement orbital s’opère entre l’influence refroidissante de l’astre de Saturne et celle brûlante de l’astre de Mars. Il génère également le chaud et l’humide, mais comme son pouvoir échauffant est plus grand en raison de l’influence des sphères qui se trouvent sous lui, il produit les vents fécondants.” (Livre I-4)
Vénus est assez semblable à Jupiter, seulement elle en est moins chaude et plus humide : “L’astre de Vénus provoque les mêmes effets que l’astre de Jupiter dans la mesure où son pouvoir est tempéré, mais il agit dans des proportions contraires : du fait de sa proximité avec le Soleil, il engendre la chaleur, de façon modérée toutefois, mais surtout, il humidifie, à l’égal de la Lune, en absorbant les exhalaisons des vapeurs humides qui entourent la Terre grâce à l’intensité de sa lumière.” (Livre I-4)
Quant à Mercure, Ptolémée le voit plutôt sec, mais il lui reconnaît parfois, une certaine humidité, et il mentionne que Mercure est donc ambivalent. Il dit : “On reconnaît en général dans l’astre de Mercure un double pouvoir : tantôt il dessèche et absorbe les vapeurs humides, car il n’est jamais très éloigné en longitude de la chaleur du Soleil ; tantôt, il humidifie dans une mesure égale, car il se trouve au-dessus de la sphère lunaire, laquelle est la plus proche de la Terre.” (Livre I-4)
On peut résumer la pensée ptolémaïque par un petit graphique synoptique de la façon suivante :
Planètes Bénéfiques et Maléfiques
De ce fait les planètes peuvent être classées en deux groupes : maléfique et bénéfique. Il dit :
“Les Anciens nous ont obligés de croire qu’il y avait deux planètes bienfaisantes, Jupiter et Vénus (et outre celles-ci, la Lune) à raison de leur nature tempérée, parce que la chaleur et l’humidité prédominent en elles ; ils ont estimé Saturne et Mars malfaisants à cause de la vertu contraire qu’ils ont, l’un de refroidir, et l’autre de dessécher. Pour le Soleil et pour Mercure, leur nature commune les a conviés de leur attribuer les deux pouvoirs et à croire que leurs influences dépendaient des autres planètes avec lesquelles ils étaient associés.” (Tétrabible I-5)
De là nous viennent ces notions qui ont franchi les siècles concernant les planètes bénéfiques Jupiter et Vénus et les planètes maléfiques Saturne et Mars.
Le genre des planètes
De plus pour Claude Ptolémée, l’humidité est féminine alors que le chaud est masculin, il dit :
“Vu qu’il y a deux genres principaux, le masculin et le féminin, il faut, entre les susdites natures des planètes, approprier celles qui sont humide à une nature féminine, car les choses appartenant à ce sexe sont universellement les plus humides. Quant aux plus chaudes, elles s’accordent avec le sexe masculin. C’est pourquoi, fort à propos, la Lune et Vénus sont dites féminines, parce qu’en elles l’humidité surabonde. Mais le Soleil, Saturne, Jupiter et Mars sont réputés masculins. Pour Mercure, il participe de l’une et de l’autre nature, vu qu’il produit également tantôt des sécheresses et tantôt des humidités.” (Tétrabible I-6)
Ainsi les planètes féminines sont : Lune et Vénus
Les planètes masculine sont : Soleil, Mars, Jupiter et Saturne
Mercure est neutre car à la fois mâle et femelle, devenant mâle avec des planètes masculines, et femelle avec des planètes féminines.
Voilà donc une nouvelle façon de préhender et de classer les planètes. Ainsi, ce ne sont plus des recettes.
Classification diurne et nocturne des planètes
Il coule de source que les planètes masculines sont diurnes et c’est surtout le cas du Soleil et de Jupiter, tandis que les planètes féminines sont nocturnes et notamment la Lune et Vénus. A ce sujet, Claude Ptolémée nous dit :
“Vu qu’il y a deux principales différences du temps, le jour et la nuit, le jour s’accorde plus à la nature masculine, parce que pendant le jour la chaleur est plus grande et les natures plus vigoureuses et actives, mais la nuit à la nature féminine, à cause de l’humidité et de l’ordinaire désire de repos. On dit donc que les planètes nocturnes sont la Lune et Vénus ; les diurnes, le Soleil et Jupiter ; et que Mercure participe de l’une et de l’autre condition.” (Tétrabible I-7)
Et subtilité suprême, logique astrologique, Ptolémée nous dit que les maléfiques agissent par contradiction, elles imposent la loi des contraires, et à ce propos il analyse les deux maléfiques Saturne et Mars, il dit : “C’est pourquoi l’on associe à la chaleur diurne Saturne qui est froid, et Mars qui est sec à l’humidité de la nuit.” (Tétrabible I-7)
Ptolémée ajoute que Saturne froid, associé à un élément de chaleur est moins pernicieux, de même Mars sec auquel s’ajoute de l’humide est moins maléfique : “Ainsi, l’un est l’autre rendus plus modérés par une contraire constitution, seront conséquemment dans une plus moyenne disposition.” (Tétrabible I-7)
Par conséquent, les planètes diurnes sont : le Soleil, Jupiter et Saturne
Les planètes nocturnes sont : la Lune, Vénus et Mars
Mercure est neutre, il est diurne s’il est oriental c’est-à-dire s’il se lève avant le Soleil et nocturne s’il est occidental c’est-à-dire s’il se lève après le Soleil.
De la puissance des aspects au Soleil
Nous savons que le Soleil est l’astre central et qu’il est le plus important de notre système. De ce fait les anciens attachés une importance toute particulière à la position des planètes vis-à-vis du Soleil. Ainsi Ptolémée dit : “Maintenant, en raison des positions qu’ont avec le Soleil, la Lune, Saturne, Jupiter et Mars, leurs puissances sont augmentées ou diminuées. La Lune en effet, depuis sa conjonction jusqu’à son premier quartier est davantage pluvieuse. De là, jusqu’à ce qu’elle soit pleine, elle échauffe. Du plein à son dernier quartier, elle dessèche et, du dernier quartier jusqu’à son occultation, elle refroidit.” (Tétrabible I-8)
Le graphique ci-dessous nous fait saisir ce passage :
Puis il continue : “Quand les planètes sont orientales, depuis le lever du matin jusqu’à leur première station, elles humectent davantage.” (Tétrabible I-8)
Une planète est orientale par rapport au Soleil lorsqu’elle se lève avant le Soleil et à moins de 90° de lui, ou encore avant le lieu di ciel où tombe l’opposition du Soleil et à moins de 90° de ce lieu.
La planète a ainsi une vertu de réalisation plus puissante, plus active et plus rapide.
Une planète est occidentale quand elle se lève après le Soleil et à moins de 90° de lui, ou encore après le lieu du ciel où tombe l’opposition du Soleil et à moins de 90° de ce lieu.
Le graphique ci-dessous vous fera comprendre aisément la chose :
Autre façon de voir si une planète est orientale ou occidentale. Regardez le Soleil dans le thème que vous jugez. Qui est le plus court : la distance horaire depuis le Soleil jusqu’à la planète que vous considérez, ou la distance anti-horaire ? Si c’est la distance anti-horaire qui est la plus courte, elle est occidentale.
LES SIGNES
Classification élémentale des signes
Ensuite, Ptolémée classe les signes en rapport avec les qualités élémentales : Sec, Humide, Chaud et Froid.
Les signes sont en analogie avec les saisons, c’est ainsi que pour Claude Ptolémée le printemps est humide, l’été est chaud, l’automne est sec et l’hiver est froid. Ainsi, il dit :
“Dans le printemps, l’humidité surabonde, parce que le froid étant passé, l’humidité commence à s’épandre par le moyen de la chaleur. L’été est plus chaud, parce qu’en ce temps le Soleil approche plus près de notre point vertical. L’automne est plus sec, parce que les humidités ont été desséchées à l’aide de la chaleur passée. L’hiver est plus froid, parce qu’alors le Soleil s’éloigne davantage du point qui répond sur notre tête (le Zénith).” (Tétrabible I-10)
Par conséquent, les signes sont classés par triade :
Printemps (humide) = Bélier, Taureau, Gémeaux.
Eté (chaud) = Cancer, Lion, Vierge.
Automne (sec) = Balance, Scorpion, Sagittaire.
Hiver (froid) = Capricorne, Verseau, Poissons.
Par conséquent les signes de feu (comme le Bélier, le Lion et le Sagittaire), de terre (comme le Taureau, la Vierge et le Capricorne), d’air (comme les Gémeaux, la Balance et le Verseau) et d’eau (comme le Cancer, le Scorpion et les Poissons), n’existent pas chez Claude Ptolémée, cette classification d’attribuer un élément à chaque signe sera ultérieure à Ptolémée, c’est notamment Vettius Valens qui sera le premier auteur à attribuer un élément (Feu, Terre, Air, Eau) à chaque signe.
Chez Ptolémée le Bélier, le Taureau et les Gémeaux appartiennent à quarte printanière qui est humide par nature.
Modalité : Les signes
cardinaux, fixes et mutables
Claude Ptolémée opère une
classification des signes en tropique
et équinoxiaux, solides et bicorporels. Il dit :
“La première différence est
des signes que l’on appelle les uns « tropiques », les autres
« équinoxiaux » ; et ensuite, les uns « solides » et
les autres « bicorporels ». Il existe en effet deux signes
tropiques : le premier intervalle de trente degrés qui vient après le
solstice d’été, soit le Cancer et le premier depuis le solstice d’hiver, soit
le Capricorne. Ces signes ont reçu leur nom de ce qui se passe en eux. En effet
le Soleil, lorsqu’il est entré dans ces signes, recule en arrière, tournant son
cours en une latitude contraire, causant l’été dans le Cancer, et le
Capricorne, l’hiver.” (Tétrabible I-12)
En effet, lorsque le Soleil
atteint le solstice d’été, soit le 0° Cancer, il est toujours en hémisphère
Nord, mais il décroît, d’où l’expression il recule en arrière. Et lorsqu’il
arrive au solstice d’hiver, soit 0° Capricorne, il est en hémisphère Sud, et à
partir de ce point il croît en lumière.
Ptolémée continu : “Il y
a encore deux signes équinoxiaux, le Bélier printanier et l’automnale Balance,
qui eux aussi ont pris leur nom de ce qui se passe en eux, car lorsque le
Soleil est au début de ces signes, les espaces du jour et de la nuit son égaux
par toute la Terre”. (Tétrabible I-12)
En effet, lorsque le Soleil
atteint l’équinoxe de printemps, 0° Bélier il est positionné sur l’équateur
céleste il vient de l’hémisphère Sud et il passe à l’hémisphère Nord, il y a
donc équilibre entre les jours et les nuits. De même lorsqu’il atteint
l’équinoxe d’automne, 0° Balance, il vient de l’hémisphère Nord et là il passe
en hémisphère Sud, il y a donc aussi équilibre entre les jours et les nuits. En
outre, les signes tropiques et équinoxiaux seront appelés par la suite, les signes
cardinaux ce sont : le Bélier, le Cancer, la Balance et le Capricorne.
Ptolémée continu : “Parmi
les huit signes restant, quatre sont appelés solides et quatre bicorporels. Les
solides suivent les tropiques et les équinoxiaux, à savoir le Taureau, le Lion,
le Scorpion et le Verseau, et ils sont appelés ainsi parce que, lorsque le
Soleil s’approche d’eux, les humidités, les chaleurs, les sécheresses et les
froidures selon la saison nous touchent plus violemment et plus fermement, non
pas que le temps soit naturellement plus intempéré à cette époque, mais parce
qu’alors nous sommes plus exposés à eux et pour cette raison plus sensible à
leur pouvoir.” (Tétrabible I-12)
Les signes solides :
Taureau, Lion, Scorpion et Verseau deviendront, dans leur nomination, les
signes fixes.
Ptolémée continu : “Les
signes bicorporel, à savoir les Gémeaux, la Vierge, le Sagittaire et les
Poissons, sont ceux que l’on compte après les signes solides et ils sont ainsi nommés
parce qu’ils sont placés entre les solides, les tropiques et équinoxiaux, et
ont des natures semblables à eux en leur commencement et en leur fin.”
(Tétrabible I-12)
Les signes bicorporels :
Gémeaux, Vierge, Sagittaire et Poissons, vont devenir par la suite les
signes mutables, ont dit aussi de nos jours, et cette appellation reste en
résonance avec la notion de bicorporel : les signes doubles.
Ainsi, nous voyons ici la
naissance du classement ternaire : cardinal, fixe, mutable.
Genre
Les Anciens ont discerné des
signes masculins et féminins, Claude Ptolémée dit :
“Ils ont attribué de plus, six signes à une nature masculine et diurne, et
autant à une nature féminine et nocturne. Un ordre alternant leur était assigné
parce que le jour et toujours joint à la nuit et que l’union du mâle et de la
femelle est nécessaire.
Si donc le commencement se
prend du Bélier pour les raisons alléguées plus haut et comme le mâle est le
maître et le premier, puisque l’actif précède toujours le passif, le Bélier et
la Balance seront masculins et diurnes. Il s’ajoute à ceci que le cercle
équinoxial, qui passe par ces signes, cause le premier et plus puissant
remuement de toutes choses. De là vient que par un ordre continu les signes
féminins sont soumis aux masculins.” (Tétrabible I-13)
Ici, nous voyons à l’œuvre le
classement binaire des signes zodiacaux avec ses six Signes
Masculins/Positifs : Bélier, Gémeaux, Lion, Balance, Sagittaire, Verseau
et six Signes Féminins/négatifs : Taureau, Cancer, Vierge, Scorpion,
Capricorne, Poissons.
LES ASPECTS
Claude Ptolémée nous montre
comment ont été édifiés les aspects. Il titre ce chapitre : Des aspects
et des signes, et il dit :
“En premier lieu, les aspects
des parties du Zodiaque qui font certaines figures, ont entre eux quelque
familiarité. Ce sont premièrement celles qui sont en aspect diamétral,
contenant deux angles droits, c’est-à-dire six signes, ou 180 degrés.
Deuxièmement celles qui sont en aspect trine, contenant un angle droit et un
tiers, c’est-à-dire quatre signes, ou 120 degrés. Troisièmement celles qui sont
en aspect quadrat, contenant un angle droit, c’est-à-dire trois signes ou 90
degrés. Enfin celles qui constituent un sextil contenant les deux tiers d’un
angle droit, c’est-à-dire deux signes, ou 60 degrés.
Pourquoi ces intervalles seuls
sont-ils admis ? On le comprendra aisément avec ce qui suit. L’explication
de l’aspect diamétral est évident, car l’opposition des signes se fait en une
ligne droite. Mais après, si selon les harmonies et superpositions, nous
prenons les deux plus grandes portions, c’est-à-dire le cercle étant divisé, ou
par le milieu, afin qu’il ait deux angles droits, ou en trois ; la
division par le milieu donnera la figure quadrangulaire, mais la division de
trois, la sexangulaire. Or des superportions, si on constitue un sesquialtère
de l’angle droit, qui est l’angle du carré, et un sesquitiers, la raison sera
sesquialtère du quadrangle au sexangle, et sesquitierce du triangle au
quadrangle. Et estime-t-on les aspects triangulaires et sexangulaires ont
sympathie en leur nature, à raison qu’alors les signes féminins ou masculins se
portent de l’un à l’autre. Mais les aspects quadrangulaires ou opposés ne
conviennent pas ensemble, parce qu’une telle constitution se fait en signes
opposés.” (Tétrabible I-14)
Notez que “diamétral” c’est l’aspect
d’opposition ; “trine” c’est l’aspect trigone ; “quadrat” c’est le
carré.
Ici il nous est donné
l’explication des aspects interplanétaires, lesquels sont au nombre de sept, c’est
à savoir : l’opposition, les
trigones dextres et senestres, les carrés dextre et senestre, les sextiles dextre
et senestre.
Notez que dextre signifie « droite »
et senestre « gauche ». Par
conséquent un aspect dextre se situe
à droite, c’est-à-dire en sens inverse de l’ordre des signes. Par exemple, une
planète à 9° Bélier dirige un sextile dextre
sur une planète sise à 9° Verseau ; un carré dextre à une planète sise à 9° Capricorne et un trigone dextre à une planète sise à 9° du
Sagittaire.
Par contre, un aspect senestre va dans l’ordre des signes,
reprenons notre exemple d’une planète située à 9° Bélier, elle enverra un
sextile sénestre à une planète située
à 9° Gémeaux ; un carré sénestre à
une planète sise à 9° Cancer et un trigone senestre
à une planète située à 9° du Lion.
Concernant la conjonction celle-ci n’est pas considérée comme un aspect,
car le mot « aspect » vient du latin aspectare qui signifie jeter un œil. D’ailleurs quand on parle d’ « aspect »
physique d’une personne on entend par là la façon dont celle-ci se présente à
notre vue. Ainsi, en ce sens un aspect est considéré comme un rayon de lumière
qui passe des yeux d’une personne aux yeux de l’autre. Dans le cas de la
conjonction, les deux endroits sont ramenés à un seul, et on ne peut regarder
nos propres yeux. C’est pour ces motifs que la conjonction n’est pas considérée
comme un aspect.
Des Signes commandants et
obéissants
Ptolémée opère une
classification des signes par rapport à la ligne des équinoxes (0° Bélier - 0°
Balance). Il dit : “Les lieux du
Zodiaque qui sont situés à une égale distance du même point équinoxial, quel
qu’il soit, sont aussi dit « commandants » et
« obéissants », parce qu’ils se lèvent en des espaces de temps égaux
et qu’ils décrivent les même parallèles. Or les signes commandants sont en
hémisphère estival mais les signes obéissants sont en l’hiémal, parce que le
Soleil en la partie d’été fait des jours plus longs et qu’en la partie d’hiver
il les fait plus courts.”
Ce passage mérite quelques
explications. Par hémisphère estival il faut entendre l’hémisphère septentrional, boréal c’est la partie qui va de 0° Bélier à 0° Balance en
passant par le Cancer. Ainsi les signes du Bélier,
du Taureau, des Gémeaux, du Cancer, du Lion et la Vierge sont dit signes boréals,
septentrionaux et ils sont commandants.
Par hémisphère hiémal, il faut entendre méridional, austral,
c’est la partie qui va de 0° Balance à
0° Bélier en passant par le
Capricorne ce sont les signes suivants : Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons, ils sont dit obéissants.
Cette classification fut négligée par les
astrologues modernes et pourtant ici nous avons l’explication des
contre-antisces lesquels sont des points de l’écliptique également distants des
solstices (0° Bélier - 0° Balance). Ainsi une planète située à 15° Poissons
sera au contre-antisce d’une planète située à 15° Bélier. Et l’opposition de ce
contre-antisce nous donne l’antisce, à savoir pour notre exemple d’une planète
qui est à 15° Poissons et où le contre-antice tombe à 15° Bélier, l’antisce
sera à 15° Balance. Les antisces sont deux points de l’écliptique qui se
trouvent à égale distance de la ligne des tropiques (0° Cancer - 0° capricorne).
Nous voyons donc que notre planète sise à 15° des Poissons a son antisce qui
tombe à 15° Balance puisque 45° séparent ces deux points de 0° Capricorne ou
135° séparent ces deux points de 0° Cancer, ainsi ils se présente à égale
distance de 0° Capricorne (45°) ou de 0° Cancer (135°).
De la face, du char de triomphe et du trône de chaque planète
Ici nous abordons le chapitre 23 du Livre I qui est d’apparence assez délicat.
PLANÈTE ET SIGNES
Domicile
La classification des planètes
dans les signes à savoir les lieux de dignités et de débilités des planètes et
antérieure à Claude Ptolémée. Il nous transmet ce savoir qui se perd dans la
nuit des temps de la façon suivante :
“De plus, il y a sympathie des
planètes avec les parties du Zodiaque à raison des maisons trigone,
exaltations, termes et de quelques autres propriétés semblables.
Or les maisons sont
distribuées par une raison naturelle. En effet, comme des douze signes, deux
septentrionaux sont plus près que les autres de notre Zénith, et produisent le
plus de chaleurs et d’ardeurs immodérées, à savoir le Cancer et le Lion, il a
été jugé que ces deux signes sont les maisons des deux plus grands et plus
puissants luminaires, le Lion du Soleil, parce qu’il est signe masculin, et le
Cancer de la Lune, parce qu’elle est féminine ; et en continuant, le
demi-cercle qui va du Lion au Capricorne, est à bon droit estimé solaire, ainsi
que lunaire l’autre demi-cercle qui va du Verseau au Cancer, afin qu’en chaque
demi-cercle, on puisse donner à chaque planète un signe qui lui soit familier
(soit qu’il fût de la nature du Soleil, ou s’accordant à celle de la Lune)
selon la disposition de leurs orbes et les particularités de leurs natures.
De fait à Saturne, parce qu’il
est extrêmement froid et qu’il combat contre la chaleur, et qu’aussi sa sphère
est la plus haute et la plus éloignée des luminaires, ont été baillés les
signes opposés au Cancer et au Lion, à savoir le Capricorne et le Verseau,
lesquels sont, et froid et hivernaux et, à raison de cette opposition,
maléfique.
A Jupiter qui est de nature
tempérée, et soumis à la sphère de Saturne, ont été donnés les signes proches
de ceux-là, qui, venteux et féconds, sont le Sagittaire et les Poissons,
lesquels d’un trine aspect qui convient à l’amitié, regardent les signes des
luminaires.
Ensuite à Mars desséchant et
placé sous l’orbe de Jupiter, ont été donnés les signes voisins des maisons de
Jupiter, à savoir le Scorpion et le Bélier, lesquels à cause du regard qu’ils
ont de carré avec les domiciles des luminaires, conviennent à une nature
nuisible et qui engendre la corruption.
Mais à Vénus, dont la nature
est tempérée et qui est placée sous l’ordre de Mars, ont été attribués les
signes proches de ceux-là et très féconds, la Balance et la Taureau, qui à
cause du sextil aux luminaires sont plus doux, et parce qu’aussi cette planète
ne précède ou ne suit le Soleil de plus loin que de deux signes.
A Mercure, qui est le dernier
et qui n’est jamais plus éloigné du Soleil que d’un signe, et qui est placé
sous les orbes des autres planètes, comme étant aussi le plus proche des
luminaires, ont été attribués les signes plus proches de ces mêmes luminaires,
à savoir les Gémeaux et la Vierge.” (Tétrabible I-18)
Afin que ce texte ne vous reste pas abscons, notez que le terme
« maison » ici signifie le signe zodiacale, ce qui est différent des
Secteurs terrestres, d’ailleurs les anciens différenciés les signes par le
terme « Maisons célestes » des Secteurs par le terme « Maison
terrestre ».
Concernant les signes septentrionaux (ont dit aussi
boréales) sont : Le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion et
la Vierge. Quant aux signes austraux (on dit aussi australs)
sont : La Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau
et les Poissons.
Figure 2
Ici, nous avons toute
l’architecture astrale qui est contenu : les qualités des planètes et
rapport avec leur aspect, c’est ainsi que :
- Saturne, planète
maléfique par nature, est placé dans un rapport d’opposition, aspect maléfique,
vis-à-vis des luminaires : Capricorne/Cancer et Verseau/Lion.
- Jupiter, planète
bénéfique par nature, est situé au trigone, aspect bénéfique, des
luminaires : Sagittaire/Lion et Poissons/Cancer.
- Mars, planète
maléfique par nature, est placé dans un rapport de quadrature, aspect
maléfique, vis-à-vis des luminaires : Scorpion/Lion et Bélier/Cancer.
- Vénus, planète
bénéfique par nature, est située au sextile, aspect bénéfique, des
luminaires : Balance/Lion et Taureau/Cancer.
- Mercure, planète
neutre, il est donc indifférencié.
- Les Luminaires
par leur domicile contigu, ils prennent une vertu de conjonction Cancer/Lion.
(Voir figure n°2 ci-dessus)
Comme nous l’avions vu, le terme
“maison” désignait, jadis, ce que nous nommons aujourd’hui le domicile. Pour
dire “Bélier”, les anciens auteurs employaient souvent l’expression : “la
maison de Mars”. C’est ainsi que dans le Centiloque on peut y lire l’aphorisme
suivant : “Lorsque Mercure se rencontre dans une maison de Saturne, et
fortifié par aspect, il dénote une intelligence curieuse, réfléchie et
philosophique. Placé dans les maisons de Mars, et particulièrement dans le
Bélier, il donne la faconde et l’éloquence.” Sentence n° 38.
Ce qui signifie que lorsque
Mercure est en Capricorne ou en Verseau qui sont les “maisons” de Saturne ou
bien, lorsque Mercure est situé dans le Bélier ou le Scorpion qui sont les
“maisons” de Mars.
Par conséquent c’est de ce terme
de “maison”, que découle celui de “domicile”, ainsi on peut comprendre qu’une
planète en domicile est comme si elle était chez elle dans sa “maison”. Parlant
de l’influence d’une Planète en domicile, l’astrologue Claude Dariot dans Introduction
au Jugement des Astres dit : “Cette dignité, la maison, est appelée
ainsi parce que, quand une planète est située dans l’une ou l’autre, elle est
comme un seigneur en son logis qui commande et qui est obéi.” (Page 27).
Selon l’astrologue du XIIe siècle Ibn Ezra : “Une planète
est en son domicile comme un homme en sa demeure, libre de ses actes, et maître
chez lui devant des visiteurs.”
En résumé, nous voyons donc que les 5 planètes visibles (Mercure,
Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) sont alors réparties entre les 10 signes
restants de telle façon que chacune ait une « maison de jour » dans
un signe masculin et une « maison de nuit » dans un signe féminin.
(Il convient de comprendre, évidemment, que les Luminaires régissent seulement
un signe chacun puisque le Soleil perd sa force dans un signe féminin, tout
comme la Lune sa puissance en signes masculins)
La planète androgyne Mercure gouverne les signes - Gémeaux et Vierge -
qui jouxtent la maison du masculin Soleil et celle de la féminine Lune, en
respect avec sa nature asexuée. Ptolémée souligna que Mercure n’est jamais plus
éloigné que d’un signe du Soleil, dans chaque direction, du coup il était
convenable que les cuspides de son signe gardent cette même relation avec les
cuspides du signe du Soleil.
Enfin, du même coup, à la lumière de la figure 2 ci-dessus, nous voyons
l’entièreté des aspects qu’utilisaient les anciens lesquels sont au nombre de
7. C’est à savoir : le sextil droit et gauche ; le carré droit et
gauche ; le trigone droit et gauche et l’opposition.
Quant à la conjonction à techniquement parler, n’est pas un aspect,
mais pour des raisons pratiques, elle est considérée traitée comme telle.
Certes vous êtes en droit de dire : pourquoi la conjonction n’est-elle pas
un aspect ? Le mot aspect vient du latin aspectio, action de regarder. Par conséquent en ce sens, un aspect
est considéré comme un rayon de lumière qui passe des yeux d’une personne aux
yeux de l’autre. Dans la conjonction, les deux endroits sont ramenés à un seul,
donc vous ne pouvez pas regarder vos propres yeux. C’est la raison pour
laquelle la conjonction n’est pas un aspect.
Ainsi le tableau synoptique ci-dessus, présente l’entièreté des aspects
traditionnels, on dit encore les aspects ptolémaïques car ce sont les seuls
qu’utilisaient Ptolémée, c’est à savoir : la conjonction, le sextil, le
carré, le trigone et l’opposition.
Les domiciles diurne et
nocturne
En astrologie traditionnelle et chez Claude Ptolémée, l’association des
planètes aux signes de même nature était très importante. Ainsi, Al-Biruni nous
dit qu’“une planète masculine était dignifiée si elle se trouvait en signe
masculin et affaiblie dans un féminin. Ainsi la première situation – une
planète masculine en signe masculin ou une planète féminine en signe féminin –
est dignifiante car la planète est dans sa « place naturelle » ou
« situation préférée ». Par contre, dans le cas contraire : une
planète masculine en signe féminin ou une planète féminine en signe masculin –
la planète est affaiblie puisqu’elle est dans une position d’inconfort. Par
conséquent, bien que les planètes aient deux signes chacune, elles sont néanmoins
plus puissantes lorsqu’elles se situent dans le signe qui correspond à leur
propre genre et tempérament.
C’est ainsi que :
Saturne qui est
une planète masculine va donc préférer le signe du Verseau au Capricorne.
Pour la même raison, Jupiter préfère Sagittaire aux Poissons.
Quant à Mars, il préfère le Bélier au Scorpion.
De son côté, Vénus qui est une planète féminine
préfère donc le Taureau à la Balance,
Enfin Mercure, bien
qu’appartenant aux deux genres, préfère la Vierge aux Gémeaux car il y
maintient ici sa relation naturelle de proximité au Soleil puisqu’il ne
s’éloigne jamais à plus de 28° de l’astre central.
Nous pouvons résumer tous ceci à
l’aide d’un petit tableau synoptique :
La distinction entre les influences diurnes et nocturnes ainsi que la
façon dont elles imprègnent la nature intrinsèque de la planète est éminemment
importante à cerner. En effet, la répartition en diurnes et nocturnes peuvent
complètement redéfinir les énergies planétaires. C’est ainsi qu’un Mars en
Bélier, qui est un signe diurne, va s’exprimer de manière très active, directe,
visible, expressive et extravertie ; tandis que Mars en Scorpion est plus
discret, l’énergie martienne se libère lentement, délibérément, de manière
introvertie, sournoise, secrète avec un froid contrôle, tout à fait à l’opposé
de l’énergie naturellement chaude et sèche que nous associons à Mars, mais
néanmoins tout aussi menaçante.
Le même raisonnement s’applique aussi à la maîtrise en signe de
Mercure, Vénus, Jupiter et Saturne ; tout ce qui est corrélé à un signe diurne
voit son énergie masculine renforcée et sa manière d’agir plus visible ; et
tout ce qui est corrélé à un signe nocturne voit son énergie féminine
accentuée, ainsi les caractéristiques d’introversions, de méditations, de
discrétions en sont renforcées.
L’exaltation
De même, les Anciens
considéraient l’exaltation des planètes. Ainsi, Claude Ptolémée nous
explique que :
“La raison des exaltations des
planètes est la suivante : Vu que le Soleil entrant au Bélier s’approche
de la plus haute partie du Ciel, vers l’Ourse, et à la Balance, qu’il descend
vers l’autre, on lui a fort à propos attribué son exaltation au Bélier puisque,
quand il y passe, les jours croissent et qu’il commence à échauffer davantage
les corps. Au contraire la dépression du Soleil a lieu dans la Balance pour les
raisons opposées.
Quant à Saturne, afin qu’il
ait une position opposée au Soleil, comme aussi dans le cas de ses maisons, il
prend à l’inverse la Balance pour exaltation et le Bélier pour dépression. En
effet, là où la chaleur augmente, il est nécessaire que le froid diminue et au
contraire où la chaleur diminue, que le froid augmente. Mais comme la Lune
après sa conjonction avec le Soleil en son exaltation (c’est-à-dire au Bélier),
montre sa première phase et commence d’accroître sa lumière et, pour ainsi
dire, sa hauteur, dans le premier signe de son trigone, soit le Taureau,
celui-ci est tenu pour son exaltation, et le signe qui lui est opposé, à savoir
le Scorpion, pour sa dépression.
Pour Jupiter, vu qu’il émeut
les vents acquiloniens, qui amènent la fécondité et que dans le Cancer il
approche plus près de l’Ourse, et que là il exerce son pouvoir, le Cancer est
son exaltation, et le Capricorne sa dépression.
Mars, qui par nature est
brûlant et le devient davantage encore dans le Capricorne parce qu’il est le
plus au sud, reçoit naturellement le Capricorne pour exaltation, en opposition
à Jupiter, et le Cancer pour dépression.
Mais Vénus, par nature humide,
et qui l’est davantage aux Poissons, où s’augmente l’humidité du printemps et
où elle exerce le plus sa puissance, à son exaltation aux Poissons, et sa
dépression dans la Vierge.
Quant à Mercure plus sec, à
cause de sa nature contraire à celle de Vénus, il prend son exaltation au signe
opposé qui est la Vierge, en laquelle se remarque la sécheresse de l’automne,
et trouve sa dépression dans le signes des Poissons.” (Tétrabible I-20)
Comme on le voit, après le
domicile, la meilleure position pour une planète est son lieu d’exaltation.
L’exaltation amplifie, de façon plus ou moins ordonnée et contrôlée,
l’influence d’une planète. Une telle planète est comparable à un invité honoré
dans la maison de quelqu’un d’autre. Le niveau de liberté et de puissance n’est
pas le même que lorsque la planète occupe son domicile, mais elle montre une
position dignifié, pour prendre une image on peut dire qu’elle se présente
comme une personne respectée et de haut rang. Il suffit de considérer la
signification du mot “exaltation” pour comprendre l’usage de cette dignité. Le Dictionnaire, au, sujet du mot Exaltation nous dit : « Action d’exalter ; Action de porter vers le haut (dans l’espace) quelque chose, d’élever très haut. Action de porter quelqu’un à un rang très haut (dans la hiérarchie des valeurs sociales ou individuelles), de l’élever au faîte des honneurs publics ou au summum de l’estime personnelle. Action de donner beaucoup d’importance, de valeur à quelque chose, de lui accorder de l’admiration, des éloges ; résultat de cette action. Élévation au trône pontifical ou à une dignité importante. » Aussi, avec l’exaltation il y aura toujours une tendance à l’exagération, les choses ont tendance à être amplifiées
Selon
l’astrologue du XIIe siècle Ibn Ezra : “Une planète dans son exaltation est comme un homme au pinacle de son
rang.” L’Astrologue William Lilly note qu’une planète exaltée représente “une
personne de condition hautaine, arrogante, présumant d’elle-même plus qu’elle
ne le devrait.” Ou, selon un auteur arabe, “une planète est en son
exaltation comme u roi sur son trône, extériorisant son caractère sans
contrôle, en maître absolu.”
L’exaltation étant réputée élever
les influences planétaires à leur plus haut niveau.
L’Exil
Une planète qui occupe un signe
opposé à son domicile est dite être en exil. Puisque le domicile est la
position la plus puissante, il s’ensuit donc qu’une planète en exil est dans sa
position la plus vulnérable. Selon l’astrologue du XIIe siècle Ibn
Ezra : “Une planète en exil est comme un homme humilié, sans influence,
soumis au maître de sa résidence.”
De son côté au XVIIe
William Lilly disait : “Une Planète
en exil est comme une personne arrachée à tous ses biens, sans espoir de les
recouvrer.”
Notez cependant que la notion
d’exil n’est pas présente chez Claude Ptolémée. Ce terme fera son apparition
beaucoup plus tard, notamment avec les astrologues arabes.
La Chute
Une planète occupant le signe
opposé à son exaltation est dite en chute. Notez que le terme de
« chute » est dit aussi « cadent » qui signifie tomber. En
outre, il faut savoir que chez Ptolémée les termes de chute et d’exil ne sont
pas mentionnés ouvertement. En effet il parle du domicile, de l’exaltation et
d’autres dignités que nous allons voir plus loin.
Cependant, à la lecture de la
citation du Livre I chapitre 20 il dit : “Vu que le Soleil entrant au
Bélier s’approche de la plus haute partie du Ciel, vers l’Ourse, et à la
Balance, qu’il descend vers l’autre, on lui a fort à propos attribué son
exaltation au Bélier puisque, quand il y passe, les jours croissent et qu’il
commence à échauffer davantage les corps. Au contraire la dépression du Soleil
a lieu dans la Balance pour les raisons opposées.
Quant à Saturne, afin qu’il
ait une position opposée au Soleil, comme aussi dans le cas de ses maisons, il
prend à l’inverse la Balance pour exaltation et le Bélier pour dépression”.
Ainsi lorsque le Soleil passe en
Balance, son lieu de chute, “il descend”,
“la dépression du Soleil a lieu dans la Balance”. De même concernant
Saturne : “il prend (…) le Bélier pour dépression.”
C’est pour ces motifs d’ailleurs
que chez certains auteurs anciens, le terme de chute est souvent traduit par
celui de « descension ». Ainsi une planète en chute est victime d’une
perte de puissance, d’une restriction de son influence et prend ici valeur de
déclin, de décadence, de déchéance, voire d’effondrement, d’anéantissement, etc.
Selon l’astrologue du XIIe siècle Ibn Ezra : “Une planète en
chute est comme un homme déclassé, marginalisé, que sa déchéance incite à
extérioriser ses défauts plus que ses qualités, par réaction contre cette
humiliation.”
Lorsque l’on pense que cette
classification qui est antérieur à Ptolémée, car dans sa Tétrabible il nous la
rapporte simplement, et qu’on voit qu’elle a traversé plus de deux millénaires
sans prendre la moindre ride, il y a de quoi rester songeur…
Les Triplicités
Le rôle du triangle et la
signification du nombre 3 étaient fondamentaux. Les triplicités, triangles
tracés sur la roue zodiacale, étaient importantes. Ainsi, dans le Livre I au
chapitre 19 : Des Trigones, Claude Ptolémée écrit :
“La familiarité des trigones
est la suivante : le trigone équilatéral est une figure qui est en très
grande harmonie avec elle-même ; et le Zodiaque contient trois cercles, à
savoir l’équinoxial et les deux tropiques ; mais les douze lieux du même
Zodiaque se divisent en quatre trigones équilatéraux.
Le premier est conduit par le
Bélier, le Lion et le Sagittaire, trois signes masculins qui sont les maisons
du Soleil, de Mars et de Jupiter. Or, ce trigone est attribué au Soleil et à
Jupiter, et Mars en est exclu, parce qu’il est contraire à la secte solaire. En
ce trigone le Soleil domine pendant le jour, Jupiter pendant la nuit.”
Ainsi, si la naissance à lieu le
jour c’est le Soleil et de nuit c’est Jupiter.
Supposons une naissance qui
présente un Soleil en Sagittaire, en Lion ou en Bélier, si le thème est diurne
(Soleil en XII, XI, X, IX, VIII ou VII) le Soleil sera puissant par triplicité.
Si le thème est nocturne (Soleil en VI, V, IV, III, II ou I) le Soleil
n’acquiert aucune puissance particulière en raison des triplicité. Certes, s’il
le Soleil est en Lion il sera en domicile ; s’il est en Bélier, il sera en
exaltation et s’il est en Sagittaire il sera en trigonocratie, mais par
triplicité il n’acquiert aucune puissance particulière.
Supposons une naissance qui
présente un Jupiter en Bélier, Lion ou Sagittaire, si le thème est diurne,
Jupiter n’acquiert aucune puissance particulière par triplicité ; si le
thème est nocturne, Jupiter acquiert une puissance par triplicité.
Ptolémée continue :
“Le second trigone se tire par
le Taureau, la Vierge et le Capricorne, trois signes féminins. C’est pourquoi
il est attribué à la Lune et à Vénus. De nuit donc, la Lune y domine et de jour
Vénus.”
Ainsi, si la Lune occupe un des
trois signes (Taureau, Vierge ou Capricorne) et que la naissance soit nocturne,
la Lune acquiert une force particulière en raison des triplicités ; mais
si la naissance est diurne la Lune n’acquiert aucune force par triplicité.
Si Vénus occupe un des trois
signes (Taureau, Vierge ou Capricorne) et que la naissance est diurne elle acquiert
une puissance en raison des triplicités, mais si la naissance est nocturne
Vénus n’a aucune puissance par triplicité.
Par exemple, supposons une
naissance diurne qui présente une Vénus en Taureau, on dira que Vénus est
puissante par domicile et par triplicité ; si la naissance est nocturne,
on dira que Vénus est puissante uniquement par domicile.
Ptolémée continue :
“Le troisième trigone passe
par les Gémeaux, par la Balance et par le Verseau, trois signes masculins
répugnant à Mars, mais qui s’accordent avec Saturne et Mercure, à cause de
leurs deux maisons ; aussi ce trigone leur est-il attribué. Durant le jour
Saturne y commande, à cause de sa condition. Et pour Mercure, il en a l’empire
de nuit.”
Ainsi, si Saturne occupe un des
trois signes de la triplicité (Gémeaux, Balance ou Verseau) et que le thème est
diurne, il acquiert une puissance en raison des triplicités, si le thème est
nocturne il n’obtient aucune force par triplicité. Si Mercure occupe un des
trois signes (Gémeaux, Balance ou Verseau) et que la naissance est nocturne il
acquiert une puissance en raison des triplicités et si le thème est diurne il
n’obtient aucune force en raison des triplicités.
Ptolémée continue :
“Le quatrième trigone passe
par le Cancer, le Scorpion et les Poissons. Il est laissé à Mars à cause du
Scorpion, son domicile. Mais ensemble aussi la Lune pendant la nuit et Vénus
durant le jour, y ont encore commandement”
Ainsi, si Mars occupe le Cancer,
le Scorpion ou les Poissons et que le thème est diurne ou nocturne il acquiert
puissance par triplicité. Si la Lune occupe un des trois signes et que le thème
est nocturne elle acquiert une puissance par triplicité ; si Vénus occupe
un des trois signes et que le thème est diurne elle acquiert puissance par
triplicité.
On peut résumer l’ensemble par un
petit tableau synoptique :
Commun, signifie que la
planète acquiert une puissance par triplicité aussi bien de jour que de nuit.
Supposons un Saturne en Bélier
(triplicité de feu) et que la naissance soit diurne ou nocturne, celui-ci sera
dans sa triplicité.
Surtout ne pas confondre
“triplicité” et “trigonocratie” ce n’est pas du tout la même chose. Dans notre
exemple, Saturne sera d’abord en chute et ce sera la chute qui dominera car les
maîtrises et les exaltations sont plus puissantes que les triplicités. Ces
notions de triplicités entre en jeu pour désigner la maîtrise de la planète en
un certain lieu. Ainsi dans notre exemple d’un Saturne en Bélier, Saturne sera
maître par triplicité. Si une planète est en Bélier elle aura pour Maître Mars,
par domicile, le Soleil par exaltation et Saturne par triplicité, si le thème
est diurne le Soleil sera Maître de ladite planète par triplicité et s’il est
nocturne c’est Jupiter qui en sera le Maître par triplicité.
Les triplicités ne sont pas
utilisé en astrologie moderne, elles sont prises en considération surtout en
astrologie traditionnelle et en astrologie des interrogations. En effet, dans
l’antiquité, avant même que soit codifiée l’astrologie généthliaque que nous
connaissons aujourd’hui, l’interrogation du ciel se déroulait selon le
processus suivant : le consultant exposait sa question à l’astrologue.
Celui-ci observait le ciel pour cet instant-là, et non pour le moment où son
consultant était né. Et selon la disposition des astres au moment où la
question lui était posée, il en déduisait la réponse. Nous rejoignons ici
l’essence de l’astrologie : la pure divination. Ce procédé c’est ce que
l’on nomme : “l’Astrologie Horaire”.
Si un maître de triplicité occupe
un signe de cette triplicité pendant sa période de puissance (selon qu’il fait
jour ou nuit), il acquiert une plus grande puissance. L’astrologue anglais,
William Lilly, parlant d’un astre en triplicité disait : “qu’il montre
un homme modestement doté des biens et chance de ce monde.”
Bien que favorable, cette
position n’est pas aussi puissante que le domicile ou l’exaltation qui elles
sont des dignités majeures, alors que la triplicité reste une dignité mineure.
Ibn Ezra comparait cette position
à celle d’un homme dans la maison d’un de ses proches. Il n’est pas chez lui et
il ne reçoit pas le même respect qu’un invité honoré, mais il est tout de même
dans une situation confortable. Selon Ibn Ezra, “une planète en triplicité
est comme un homme reçu chez un ami, il y est pour cela même un peu comme chez
lui, libre et à l’aise bien que limité par une certaine correction.”
Les Termes
Le mot terme, du latin terminus,
signifie frontière, territoire, domaine, canton, confins, limite.
La définition des termes que nous
donne Paul d’Alexandrie est la suivante : “Les termes sont des portions des 30° de chacun des signes assignées au
cinq planètes.”
Ces portions de signe ne sont pas
réparties de manière égale entre les cinq planètes, chaque signe étant divisé
en cinq parts irrégulières de quelques degrés chacune. En outre, les luminaires
en sont exclus, sont prises en compte uniquement les planètes suivantes :
Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.
Cependant, deux listes se concurrencèrent, réputées
d’origine égyptienne et Chaldéennes. Elles montrent un ordonnancement
légèrement différent. Dans le chapitre 21 du Livre I, il écrit : “On admet une double doctrine des
termes : l’une, égyptienne, qui est basée sur l’autorité des
maisons ; l’autre, chaldéenne, ajustée au gouvernement des trigones.”
Concernant le système égyptien,
il dit : “Pour l’égyptienne, comme
on nous la donne vulgairement, elle ne garde pas la suite de l’ordre, ni des
nombres. Premièrement, pour l’ordre : elle attribue les premiers degrés
comme des termes, tantôt au seigneur des maisons, tantôt au seigneur du
trigone, et quelquefois aussi à celui dont le signe est l’exaltation. Par
exemple, s’ils considèrent les seigneurs des maisons, on peut demander pourquoi
dans la Balance, ils donnent les premiers termes à Saturne, et non plutôt à
Vénus et de même dans le Bélier, pourquoi plutôt à Jupiter qu’à Mars ? Que
s’ils prennent garde aux seigneurs des trigones, pour quelle raison donnent-ils
à Mercure les premiers termes du Capricorne, plutôt qu’à Vénus ? Enfin
s’ils gardent les exaltations, pourquoi à Mars et non à Jupiter, attribuent-ils
les premiers termes dans le Cancer ? Outre cela, s’ils prennent les termes
du fait que plusieurs causes concourent en un même signe, pourquoi donnent-il à
Mercure les premiers du Verseau, vu que là il n’a aucun droit, si ce n’est à
cause du trigone, mais que Saturne y commande comme étant son domicile et sa
triplicité ? Pourquoi les premiers termes dans le Capricorne sont-ils
encore attribués à Mercure, vu qu’il n’y a point de prérogative ? De
semblables inconvénients peuvent se rencontrer encore dans le reste de l’ordre
des termes.”
Concernant les termes Chaldéens
il dit : “La raison des Chaldéens
est plus simple et a plus de probabilité, bien qu’elle ne soit pas encore si
bien ajustée, tant en la suite qu’elle prend de la domination des trigones,
qu’au nombre des degrés, en sorte qu’on puisse sans annotations donner à chaque
planète son quartier. De fait, dans le
premier trigone du Bélier, du Lion et du Sagittaire, vu que l’ordre des signes
est gardé, le premier terme est à Jupiter, qui domine au premier trigone. Le
second terme est au seigneur du second trigone, à savoir Vénus. Le troisième
aux seigneurs du troisième, c’est-à-dire à Saturne et à Mercure. Le dernier à
celui qui domine au dernier, à savoir Mars.”
Puis il conclut en disant
que : de ces deux systèmes “il faut
donner plus de foi à l’égyptienne, parce que de façon utile elle a été couchée
en table par les Egyptiens, et parce qu’aussi pour la plupart les degrés
s’accordent avec les nativités qui ont été cités par eux en exemple. Mais vu
que ces mêmes auteurs, n’ont point montré la cause de leur suite et de leur nombre,
il semble que la dissemblance de leur ordre peut induire à les soupçonner et à
les reprendre. ”
Ptolémée combina les deux
systèmes pour introduire le sien, qui tenait compte des domiciles, des
exaltations et des triplicités des planètes. Il nous dit :
“Or il m’est tombé dans les mains un antique volume, qui par endroits
était consommé de vieillesse, dans lequel étaient exposées les causes physiques
de l’ordre et du nombre des degrés, et y étaient ajoutées les descriptions des
naissances des Anciens, et le nombre qui s’y accordait, avec l’annotation des
Anciens. Mais le discours était long et contenait des arguments superflus, et
le livre était déchiré de sorte qu’à peine pouvais-je parvenir à
l’accomplissement du sens des choses qu’il contenait, en quoi m’aidait
toutefois la tablette des termes, ajoutée à la dernière page du livre, laquelle
était demeurée entière.
La conjecture de ces termes est la suivante : en l’ordre des
signes, se prennent les exaltations, les trigone et les maisons, par le moyen desquels
si quelque planète a deux prérogatives en un même signe, c’est à elle que l’on
donne le premier lieu, quand même elle serait maléfique ; mais où telles
prérogatives ne se trouvent pas, les planètes maléfiques sont transférées au
dernier lieu. Ainsi suivant l’ordre des signes, les seigneurs des exaltations
obtiennent la première place ; les seigneurs des trigones suivent et après
les seigneurs des maisons, mais de telle sorte que la planète qui a deux
prérogatives, précède en même signe celle qui n’en a qu’une. Le Cancer et le
Lion néanmoins (vu qu’ils sont maison su Soleil et de la Lune) sont attribués
aux planètes maléfiques, qui en eux sont les plus puissantes, d’autant que les
luminaires n’ont point de termes. Mars a les siens dans le Cancer, et Saturne
les siens au Lion, signes dans lesquels est toujours gardé l’ordre qui leur est
convenable.
Quant au nombre de degrés, il se baille ainsi. Là où il ne se trouve
point de planète ayant deux prérogatives ou au même signe, ou au quadrant qui
le suit,[c’est-à-dire dans ce signe et les deux suivants] on donne sept degrés aux
planètes bénéfiques, Jupiter et Vénus ; cinq aux planètes maléfiques,
Saturne et Mars ; à Mercure, qui est commun, six ; ainsi est accompli
le nombre de trente degrés.
Cette règle se baille seulement de celles qui n’ont point deux
prérogatives. Mais comme il s’en trouve quelques-unes ayant deux prérogatives
(car Vénus est et dame du trigone et de la maison au Taureau, puisqu’on ne
donne point de termes à la Lune) soit au même signe, ou au suivant, jusqu’à un
autre quadrant, à celles-là on leur ajoute un degré ; et à celle-là, dans
cette table, il y avait des ponts ajoutés. Or ces degrés additionnés aux plus
puissantes, sont ôtés des termes des autres qui ont moins de dignités, et pour
la plupart de Saturne, mais aussi de Jupiter à cause de la paresse de son
mouvement.” (Tetrabible Livre
I-21)
Le terme est toujours une dignité
mineure, une planète occupant son propre terme est investie d’une faible force.
Par exemple, Saturne est en exil en Lion. S’il se situe dans les six premiers
degrés de ce signe, il est également dans son terme, ce qui peut amoindrir,
faiblement, la mauvaise qualité de son exil en Lion. Mais l’exil primera
toujours sur le terme puisque l’exil est une débilité Majeure alors que le
terme est une dignité mineure. Le majeur l’emporte toujours sur le mineur.
Ibn Ezra désignait une planète en son Terme “comme un homme dans son siège.” Nous
pourrions comparer cette situation à quelqu’un qui loue une villa à l’étranger.
Le pays ne lui est pas vraiment familier. Pourtant il réside dans un
environnement restreint qui lui apporte un sentiment de sécurité.
Des Lieux et des degrés
Ensuite Ptolémée énumère une
subdivision des signes zodiacaux par 12. C’est ainsi qu’il dit :
“Quelques-uns ont aussi fait un plus menu partage des droits des
dominations, et les ont appelées « lieux » et « degrés ».
Ils ont dit que le « lieu » était la douzième partie de chaque signe,
soit deux degrés et demi. (…) D’autres ont imaginé d’autres distributions sans
raison, mais ils tirent les « degrés » en chaque signe du
commencement donné à chaque planète, selon l’ordre des termes de la table des
Chaldéens.” (Livre I-22)
Cependant Ptolémée ne retiendra
pas ces notions, il conclut en disant :
“Mais laissons ces choses pensées pour l’ostentation, et proposées
seulement plausiblement, sans aucune raison physique, et que ce qui mérite
d’être su ne soit pas omis : à savoir qu’il est convenable à la raison que
les commencements des signes soient comptés à partir des points des équinoxes
et des solstices, en partie parce que les auteurs l’ont clairement enseigné, et
surtout parce que nous voyons à partir de nos observations antérieures que les
natures, les forces et les familiarités des planètes, prennent leurs causes des
commencements des solstices et des équinoxes, et non d’ailleurs.” (Livre
I-22)
C’est le duodénaire qu’évoquent
certains astrologues comme Guido Bonatus.
En outre, on peut voir que
Ptolémée rejette le zodiaque sidéral et que c’est le zodiaque tropical qui est
pris en considération : “à savoir
qu’il est convenable à la raison que les commencements des signes soient
comptés à partir des points des équinoxes et des solstices.”
En conclusion
Concernant les répartitions des
planètes en signe, Ptolémée s’arrête ici. Il dit au chapitre suivant :
“Les affinités des planètes et des signes sont presque telles que je
les ai déduite.”
Ainsi, il retient donc les
domiciles, les exaltations, les triplicités et les termes, bien sûr les
débilités majeures aussi à savoir les exils, les chutes. Comme nous l’avions
vu, il ne retient pas les « lieux » et les « degrés ». Il
est à noter que les « décans » en sont absents de sa classification.
Par conséquent si nous résumons
la classification de Ptolémée nous avons le tableau suivant :
De la face, du char de triomphe et du trône de chaque planète
Ici nous abordons le chapitre 23 du Livre I qui est d’apparence assez délicat.
Tout d’abord il faut porter une
attention toute particulière sur le terme de « Face », qui n’a rien à
voir avec le terme « Face » lequel d’ordinaire est en rapport avec
les décans, et nous avons vu que Ptolémée négligeait les décans.
Le terme de « Face »
tel qu’il est utilisé ici par Ptolémée est d’ailleurs traduit par
« Visage » dans la traduction de Pascal Charvet : Le Livre Unique de l’Astrologie. Ce
terme de « Face » ou de « Visage » est encore ce que l’on
nomme « l’Almugée » voire « l’Almugéa ».
Almugea est un mot arabe qui signifie “accueil”. En
effet, ce terme vient du grec idioprosôpia
terme issu de la combinaison de “idios” et “prosopon”. Idios = spéciale,
particulier, privé ; Prosopon = pros (verse) + ops (regard, œil). De son côté,
le dictionnaire Bailly indique que c’est un terme propre à Ptolémée et le
traduit par “qui a un aspect particulier”. L’arabe a traduit ce terme
al-muwâjaha, ce qui a donné en latin almugea puis en français almugée.
Al-muwâjaha est, employé actuellement, entre autres, dans le sens d’“audience”,
de rencontre avec l’Imam.
Voici le passage selon la version
de Nicolas Bourdin :
“Or on dit qu’elles (les planètes) ont leur « faces » quand
l’intervalle entre une planète et le Soleil ou la Lune est aussi grand qu’est
distante la maison de la planète de celle du Soleil, ou de celle de la Lune,
comme par exemple, lorsque Vénus est éloignée des luminaires par une
configuration des sextil (pourvu qu’elle soit occidentale au Soleil et
orientale à la Lune) ainsi qu’elle convient avec leur maison.” (Livre I-23)
Pour saisir ce texte il nous faut revoir la
distribution des domiciles diurne et nocturne des Planètes par rapport aux
Luminaires.
Ainsi, pour reprendre
l’exemple donné par Ptolémée, nous voyons que les domiciles de Vénus sont au
sextil des Luminaires. En effet, le domicile diurne de Vénus est la Balance,
signe qui est au sextil du Lion, signe du Soleil et le domicile nocturne de
Vénus est le Taureau, lequel est au sextil du Cancer, signe de la Lune.
Par conséquent, lorsque Vénus
est en Balance et que le Soleil est en Lion, les deux planètes sont d’une part
dans leur domicile respectif et d’autre part reforment la configuration
distributive des planètes en domicile. Ainsi, nous dirons que Vénus est dans sa
« face » ou son « visage ». Ou bien encore, nous dirons que
Vénus est en « almugée » du Soleil. Ainsi, le Soleil en Lion, peu
importe le degré à l’intérieur du Signe du Lion que le Soleil occupe, et une
planète en Scorpion, peu importe le degré que cette dernière occupe à
l’intérieur du signe du Scorpion, sera au carré du Soleil, puisque le Lion est
à 90° de longitude du Scorpion.
Maintenant si Vénus est dans
le Taureau et que la Lune est en Cancer, on dira aussi que Vénus est dans sa
« Face », ou son « Visage ». Ou bien encore qu’elle est en
« almugée » de la Lune. Pourquoi ? Tout simplement parce que
Vénus et la Lune occupent leur domicile respectif et que l’écart de 60° est
respecté.
Au contraire, si Vénus est en
Balance et que la Lune est en Cancer, Vénus ne sera pas dans sa
« Face », « Visage » ou « Almugée » de la Lune
puisqu’elle est au carré du luminaire de la nuit.
Maintenant, il nous faut
revenir sur la notion d’“aspect” tel qu’il faut le concevoir ici. En effet,
quand Claude Ptolémée nous dit : “Lorsque
Vénus est éloignée des luminaires par une configuration des sextil…”, il y
a de quoi être assez désorienté ! Car nous savons que Vénus ne s’éloigne
jamais au-delà de 48° du Soleil, par conséquent, selon le système géocentrique,
il ne peut y avoir de sextil Soleil/Vénus. Par conséquent, nous devons entendre
par aspect, l’écart de signe respectif. Par exemple, le 20 août 2005 à midi
(T.U) Vénus était sise à 3°59’ de la Balance et le Soleil était situé à 27°33’ du
Lion, ainsi l’écart entre le Soleil et Vénus était de 36°26’ de longitude, et
pourtant Vénus était bel et bien en « almugée » du Soleil, ou bien
encore dans sa « face » ou son « visage ».
Par conséquent, l’intervalle
doit être mesuré non en degré d’écliptique, mais en signe zodiacaux.
Enfin, si l’on s’en tient à
l’orthodoxie, nous voyons qu’il n’y a en tout et pour tout que deux seuls lieux
où Vénus peut être dans son « Visage » par rapport aux luminaires, ce
sont la Balance, sous condition que dans le même temps le Soleil occupe le
Lion ; et le Taureau, sous condition que dans le même temps la Lune soit
en Cancer.
Cependant, on a assoupli
quelque peu cette règle.
En effet, si nous lisons bien
le texte de Ptolémée il est dit que : “Lorsque
Vénus est éloignée des luminaires par une configuration des sextil (pourvu
qu’elle soit occidentale au Soleil et orientale à la Lune) ainsi qu’elle
convient avec leur maison.”
Inutile de préciser que par
« maison » il faut entendre « signe ». C’est-à-dire, selon
le texte, si Vénus respecte l’écart de signe par rapport au luminaire considéré
et qu’elle soit Occidental au Soleil ou Oriental à la Lune, elle sera dans sa
« face » ou son « visage » ou bien encore en
« almugée » du luminaire considéré.
Occidentale, c’est-à-dire
que Vénus se lève après le luminaire
considérée, on dit en ce cas que Vénus est du « Soir », on dit encore
qu’elle est à « l’Ouest » du Luminaire, voire aussi
« vespertine ».
Orientale, c’est-à-dire
que Vénus se lève avant le luminaire
considéré, on dit en ce cas que Vénus est du « Matin », on dit encore
qu’elle est à « l’Est » du Luminaire, voire aussi
« matutine ».
Ainsi, le choix de
l’orientation de l’astre dépend de sa situation en domicile par rapport aux
luminaires. En effet, lorsque le Soleil est en Lion et que Vénus est en
Balance, nous voyons que c’est d’abord le Soleil qui se lève et qu’ensuite se
sera Vénus, ainsi Vénus se lève après, elle est donc dite occidentale.
Tandis que lorsque Vénus est
en Taureau et que la Lune occupe le Cancer, nous voyons que cette fois-ci c’est
Vénus qui se lève avant la Lune, ainsi elle est orientale par rapport à la
Lune.
Par conséquent, lorsque
vis-à-vis du Soleil, Vénus se trouve être occidentale et dans le même temps
séparée de deux signes, elle sera dite être en « almugée » du Soleil.
Pour savoir si Vénus est en
almugée du Soleil, il n’y a rien de plus simple.
En effet, il suffit simplement
de décaler de visus l’écart Soleil/Vénus tel qu’il est dans la distribution des
domiciles. Ainsi, nous pouvons représenter aisément tous les cas de figures
dans lesquels Vénus est en almugée du Soleil comme suit :
Le Soleil en Lion/Vénus en
Balance
Le Soleil en Cancer/Vénus en
Vierge
Le Soleil en Gémeaux/Vénus en
Lion
Le Soleil en Taureau/Vénus en
Cancer
Le Soleil en Bélier/Vénus en
Gémeaux, etc.
L’écart et l’occidentalité de
base Soleil/Vénus et respecté.
Autres exemples : le
Soleil en Sagittaire et Vénus en Verseau ;
Le Soleil en Scorpion et Vénus
en Capricorne, etc., on fait passer ces deux planètes à travers tous les signes
jusqu’à la situation de départ : le Soleil en Lion/Vénus en Balance.
Concernant la Lune on procède
de la même manière qu’avec le Soleil, à la différence que Vénus soit orientale,
elle se lève avant, par rapport à la Lune et que l’écart de deux signes soit
respecté. Ainsi, Vénus sera en « almugée » de la Lune lorsque :
La Lune est en Cancer/Vénus en
Taureau ;
La Lune est en Gémeau/Vénus en
Bélier ;
La Lune est en Taureau/Vénus
en Poissons ;
La Lune est en Bélier/Vénus en
Verseau, etc.
La Lune est en Sagittaire/Vénus
en Balance ;
La Lune est en Scorpion/Vénus
en Vierge, etc.
Jusqu’à la situation de
départ : La Lune en Cancer/Vénus en Taureau.
Ainsi il en va de même avec
les autres planètes du septénaire.
Nous allons les passer plus
brièvement une à une en revue.
Mercure a pour domicile diurne
la Vierge et nocturne les Gémeaux.
Ainsi, Mercure est en almugée
du Soleil lorsqu’il est en Vierge et le Soleil en Lion et il est almugée de la
Lune lorsqu’il est en Gémeaux et que la Lune est en Cancer.
Puis on déplace l’astre et le
luminaire en respectant cet ordonnancement de départ. C’est ainsi que Mercure
sera en « almugée » du Soleil lorsque :
Le Soleil est en Lion/Mercure
en Vierge ;
Le Soleil est en
Cancer/Mercure en Lion ;
Le Soleil est en Gémeaux/Mercure
en Cancer ;
Le Soleil est en
Taureau/Mercure en Gémeaux, etc.
Le Soleil est en
Scorpion/Mercure en Sagittaire ;
Le Soleil est en
Balance/Mercure en Scorpion, etc.
Jusqu’à la situation de
départ : Le Soleil en Lion/Mercure en Vierge.
Mercure sera en « almugée »
de la Lune lorsque :
La Lune est en Cancer/Mercure
en Gémeaux ;
La Lune est en Gémeaux/Mercure
en Taureau ;
La Lune est en Taureau/Mercure
en Bélier ;
La Lune est en Bélier/Mercure
en Poissons, etc.
La Lune est en
Capricorne/Mercure en Sagittaire ;
La Lune est en
Sagittaire/Mercure en Scorpion ; etc.
Jusqu’à la situation de
départ : la Lune en Cancer/Mercure en Gémeaux.
Mars a pour domicile diurne le
Bélier et nocturne le Scorpion. Il est sous un rapport de quadrature avec les
luminaires. Il sera donc « almugée » du Soleil lorsqu’il reformera sa
situation de base : Le Soleil en Lion/Mars en Scorpion, puis il nous
suffit de déplacer cet écart :
Le Soleil en Cancer/Mars en
Balance ;
Le Soleil en Gémeaux/Mars en
Vierge ;
Le Soleil est en Taureau/Mars en
Lion, etc.
Le Soleil est en Scorpion/Mars
en Verseau ;
Le Soleil est en Balance/Mars
en Capricorne, etc., jusqu’à sa situation initiale : Le Soleil en
Lion/Mars en Scorpion.
Mars sera en
« almugée » de la Lune lorsque :
La Lune est en Cancer/Mars en
Bélier ;
La Lune en Gémeaux/Mars en
Poissons ;
La Lune en Taureau/Mars en
Verseau, etc.
La Lune en Capricorne/Mars en
Balance ;
La Lune en Sagittaire/Mars en
Vierge, etc., jusqu’à sa situation initiale : La Lune est en Cancer/Mars
en Bélier
Jupiter a pour domicile diurne
le Sagittaire et nocturne les Poissons, se plaçant sous un rapport de trigone
avec les luminaires.
Ainsi, il sera en
« almugée » du Soleil lorsque :
Le Soleil est en Lion/Jupiter
en Sagittaire ;
Le Soleil en Cancer/Jupiter en
Scorpion ;
Le Soleil en Gémeaux/Jupiter
en Balance, etc., jusqu’à sa situation initiale : Le Soleil est en
Lion/Jupiter en Sagittaire.
Jupiter sera en
« almugée » de la Lune lorsque :
La Lune est en Cancer/Jupiter
en Poissons ;
La Lune est en Gémeaux/Jupiter
en Verseau ;
La Lune est en Taureau/Jupiter
en Capricorne ;
La Lune est en Bélier/Jupiter
en Sagittaire ; etc., jusqu’à sa situation initiale : La Lune en
Cancer/Jupiter en Poissons.
Saturne, de son côté, a un
rapport d’opposition avec les Luminaires. Ainsi, il sera en almugée du Soleil
lorsque :
Le Soleil sera en Lion et
Saturne en Verseau ;
Le Soleil en Cancer/Saturne en
Capricorne ;
Le Soleil en Gémeaux/Saturne
en Sagittaire, etc.
Enfin, Saturne sera en
« almugée » de la Lune lorsque :
La Lune est en Cancer et
Saturne en Capricorne ;
La Lune en Gémeaux/Saturne en
Sagittaire ;
La Lune en Taureau/Saturne en
Scorpion, etc.
Ainsi, le mécanisme est très
simple, il suffit de reporter le même écart d’origine selon la classification
des planètes en signe, entre le Luminaire et la planète considérées.
Ce terme d’almugée fut remis
au goût du jour par Jean Hiéroz dans son ouvrage : L’Astrologie selon Jean Batiste Morin de Villefranche (Edition
Traditionnelles) page 85, dans la rubrique « Face ou Masque ou
Almugée » il écrit ceci :
“Une planète est dite dans sa face ou porter son masque vis-à-vis d’un
luminaire quand, étant soit occidentale (ou vespertine) au Soleil, soit
orientale (ou matutine) à la Lune, elle se trouve distante du sus-dit Luminaire
d’une quantité égale à celle dont sa maison conséquente au Lion (maison du
Soleil) est distante du Lion, ou dont sa maison antécédente au Cancer (maison
de la Lune) est distante du Cancer. Morin considère cette position comme
dépourvue d’avantages.”
De son côté Abraham
Ibn Ezra, dans son ouvrage : Commencement
de la Sapience des Signes au chapitre VII parlant des diverses positions
des planètes, dans son passage sur le “Prinçoiement”
(Dignité) il dit :
“Et Bertelmieu (Claude Ptolémée) dit que si la proportion du signe où
est l’étoile au signe où sont le Soleil ou la Lune est comme la proportion de
leurs maisons à leurs propres maisons, selon leur départ, alors l’étoile aura
grande force”
Au niveau de l’interprétation,
selon Ptolémée, une planète en almugée est dans une position très favorable. Au
chapitre qui décrit l’âme Ptolémée précise qu’une telle position rend “l’âme libérale, simple, sûre d’elle, forte,
vigoureuse, vive et ouverte”. (Livre
Unique de l’Astrologie page 177)
Toujours au niveau de l’interprétation, un autre passage de Ptolémée
confirme le côté bénéfique de l’almugée. Il s’agit d’un passage du chapitre V
du Livre III, celui consacré aux parents.
“Lorsque l’astre de Saturne et
celui de Vénus se lèvent, qu’ils sont dans la configuration qui leur convient
ou encore sur les Secteurs-Clefs, ils annoncent un bonheur éclatant pour chacun
des parents” (L.U.A. p.
137).
Il faut comprendre : lorsque Saturne et Vénus sont dans leur cycle à la
phase de la visibilité (l’apparition) et qu’ils sont almugée, nous avons les
indices les plus forts du “bonheur”.
Nous pourrions dire que
l’almugée c’est l’aspect par excellence. Cet aspect parfait a lieu quand le
signe du Soleil effectue un carré décroissant au signe où se trouve Mars, un
trigone décroissant au signe de Jupiter et une opposition au signe de Saturne,
ou quand il y a sextil gauche entre le signe solaire et le signe de Vénus. Il a
également lieu quand le signe de la Lune effectue un carré croissant au signe
où se trouve Mars, un trigone croissant au signe de Jupiter et une opposition
au signe de Saturne, ou quand il y a sextil droit entre le signe lunaire et le
signe de Vénus. Il me semble que faire correspondre le semi sextil à Mercure et
le quinconce à Saturne n’est pas dans l’esprit de Ptolémée. C’est un ajout
médiéval (ou arabe). En effet la notion d’aspect chez Ptolémée est liée à la
notion d’harmonie. Et pour Ptolémée l’opposition correspond à l’octave (rapport
2/1) comme le trigone correspond à la quinte (rapport 3/2) comme le carré correspond
à la quarte (rapport 4/3). Par ailleurs le sextil est au carré (rapport 3/2) ce
que le trigone est à l’opposition (rapport 3/2). Il n’existe pas de résonance
particulière pour le semi-sextil et le quinconce (aspect “sans lien”).























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