jeudi 5 mai 2011

Les avatars du mot “Horoscope”



A Monsieur le Secrétaire perpétuel de l’Académie Française
         avec l’expression de mon profond respect.

         Bien entendu j’emploie ici le mot “Avatar” dans le sens classique de transformation : “les Avatars de Vichnou”, p.e., et non dans celui péjoratif que certains lui donnent.
         Avant les campagnes d’ALEXANDRE (VERS -330), les BABYLONIENS et les CHALDÉENS avaient créé une ASTRONOMIE assez avancée. Depuis NABONASSAR, les éclipses sont notées d’une façon précise à partir du 7 février 747 av. J-C. ; le cycle de 19 ans de retour de celles-ci était connu dès le Vème siècle av. J-C., avant Méton.
         Les “SENTIERS DE LA LUNE”, première dénomination du ZODIAQUE, furent déterminés au début du Premier Millénaire. Ils comportaient en -700 15 signes et ultérieurement 12 signes.
         Au Vème siècle avant J-C. ils établissaient des éphémérides au degré près en partant d’une division en 12 signes.
         Contrairement à la légende, L’ASTROLOGIE INDIVIDUELLE était dans l'enfance. Le premier thème connu date de -410 ; et l’orientation des thèmes par rapport au Milieu-du-Ciel et l’Horizon n’était jamais connue.
         Après la venue d’Alexandre et Babylone étant devenue la capitale de l’empire grec, les GRECS eurent connaissance des éléments astronomiques et astrologiques des CHADÉENS et, en quelques siècles, firent progresser ces deux sciences à une vitesse digne de leur génie.
         HIPPARQUE, au IIème siècle av. J-C., détermina la position de l’Equinoxe et découvrit sa précession. Un catalogue d’Etoiles était établi d’après l’Equinoxe de l’époque avec une précision supérieure au degré. PTOLEMÉE, au IIème siècle après J-C., reprit le catalogue d’Hipparque et le refit en prenant également l’Equinoxe de son époque comme point de départ. Il calcula son catalogue à la minute de degré (nous le possédons en totalité).
         En ASTROLOGIE, enfin, vers le IIème siècle avant J-C., ils créèrent la DOMIFICATION, c’est-à-dire l’établissement des figures astrologiques en fonction de l’heure de naissance.
         La direction du lieu de naissance vers le point du Zodiaque (ou de l’Astre) ascendant à l’Horizon oriental fut nommé :

         Depuis le IIème siècle avant J-C. jusqu’à la fin du XVIIème après J-C., ce mot ou ses traductions “HOROSCOPUS” et “HOROSCOPE” ne désigna jamais autre chose que ce que les astrologues nomment aujourd’hui la cuspide de la maison I. Il ne fut jamais utilisé pour désigner l’ensemble d’une figure astrologique. Celle-ci était désignée par :

                   soit GENESIS                                  en grec
                   soit GENITURA
                   soit THEMA                                    en latin
                   soit FIGURA
                   soit FIGURE DE NATIVITE          en français
                   soit FIGURE CELESTE
                   soit THEME CELESTE
                   soit GENITURE

         Après le décret de Colbert (1666) interdisant aux académiciens l’étude de l’Astrologie et les prises de positions des encyclopédistes, une SYNECDOQUE fut commise et le mot HOROSCOPE utilisé pour désigner l’ensemble de la Figure astrologique, soit :

PREMIER AVATAR

         A la fin du XVIIIème siècle, un ACADEMICIEN (Ac. des Sciences et Ac. française) imagina que le mot “Horoscope” venait de

“je regarde l’heure”, ce qui aurait dû faire “HORASCOPE”. Cet académicien fut guillotiné quelques années plus tard. Ce n’était pas, je m’empresse de le dire, pour cette raison. N’empêche qu’aux yeux d’un puriste, il l’avait bien mérité.
         Et comme les bêtises ont généralement plus de succès que la vérité, tous les dictionnaires français ou anglais (Larousse, Quillet, British Encyclopedic, etc.) ont répété ce contresens à qui mieux-mieux, à l’exception toutefois de Littré, soit :

DEUXIÈME AVATAR

         A l’heure actuelle, on est allé encore plus loin ; telle la phrase suivante que j’ai lue sous la plume d’un savant américain, Mr SACHS, dans “Journal of cuneiform studies” :
         “No Babylonian Horoscope mentions the Horoscopus (the computed Zodiacal sign or point rising a the time of birth).”
         Un Horoscope sans l’Horoscope, c’est un comble, ce qui fut le :

TROISIÈME AVATAR

         L’ACADEMIE FRANÇAISE voudrait-elle, lors de la révision de son dictionnaire, ramener l’étymologie d’Horoscope à sa forme correcte. “Je regarde ce qui se lève” ou “Je regarde l'Orient”. Ce serait un :

QUATRIÈME AVATAR

         Bouclant heureusement le cycle. Grâce lui serait rendue.


J. HIEROZ

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