jeudi 5 mai 2011

Uranus, Neptune et Pluton



En deux siècles, avec la découverte des nouvelles planètes, l’humanité a progressé plus qu’en deux mille ans. De Jules César à Napoléon l’homme se déplace à cheval, au XIXe Siècle il y a l’invention du chemin de fer, des vapeurs. C’est la Terre qui s’est ouverte à nous dans toute son étendue. Or depuis le XIXe siècle, la révolution des transports a considérablement rapetissé l’étendue de l’humanité, tandis qu’avec la presse, la radio, la télévision, internet, l’ensemble des phénomènes dont notre globe est le théâtre nous sont immédiatement et pleinement connus. L’homme s’est planétarisé.
         Concernant les thèmes anciens, Faut-il placer les transaturniennes ? Quelle différence de signification peut-on donner à ces astres “nouveaux” avant et après leur découverte ? Une comparaison suffit à nous édifier. L’électron existait de toute éternité, mais, avant l’homme du XXe siècle, il demeurait inconnu, comme l’astre. Depuis, il chante dans les lampes à électrodes, ce qui a changé le monde. Tout astre est l’incarnation d’un processus vital qui est vécu à un niveau d’intégration donné, assumé à la limite de ses possibilités, qui dépendent étroitement de l’évolution de l’humanité. Ainsi, les mœurs du temps ayant radicalement changé, les indépendantes Flora Tristan et Annie Besant sont déjà plus en mesure d’exprimer ouvertement leur liberté uranienne qu’une Catherine de Médicis. De même, peuvent approfondir leur communion neptunienne une Théroigne de Méricourt, gagnée par la fièvre de la Révolution française, ou une Bettina von Brentano, “sibylle du romantisme”, plus qu’une Claude de France.

         Avec Uranus nous avons la Révolution ; avec Neptune la Dissolution et avec Pluton la Mutation.

Pour comprendre le sens de ces transaturniennes on peut relater ici un entretien que Jean-Paul SATRE a eu avec Danièle Con-Bendit en 1968, concernant les événements, il lui disait (Sartre) ceci : “Ce qu’il y a d’intéressant dans votre action, c’est qu’elle met l’imagination au pouvoir. Vous avez une imagination limitée comme tout le monde, mais vous avez beaucoup plus d’idées que vos aînés… La classe ouvrière a souvent imaginée de nouveaux moyens de lutte, mais toujours en fonction de la situation précise dans laquelle elle se trouvait… Vous, vous avez une imagination beaucoup plus riche, et les formules qu’on lit sur les murs de la Sorbonne le prouvent. Quelque chose est sorti de vous, qui étonne, qui bouscule, qui renie tout ce qui a fait de notre société ce qu’elle est aujourd’hui. C’est ce que j’appellerai l’extension du champ des possibles. N’y renoncez pas.” (De Sartre à Foucault, vingt ans d’entretiens à l’Observateur, Hachette, 1984).

Ainsi, avec les transaturniennes nous sommes vraiment dans “l’extension du champs des possibles”.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire